Réunie à Maseru du 17 au 25 avril 2026, la 47e session ordinaire du Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant a servi de tribune à la Commission des Droits de l’homme du Cameroun pour dresser un état des lieux de la situation des droits de l’enfant au Cameroun et en Afrique.Dans sa déclaration, l’institution nationale des droits de l’homme a salué le rôle clé du Comité dans la promotion et la protection des droits de l’enfant, conformément à la Union africaine.
Des priorités africaines clairement identifiées
Au cours des travaux, la délégation camerounaise a indiqué suivre avec attention plusieurs thématiques majeures :l’accès universel à l’eau et à l’assainissement,la protection des enfants en période de conflits armés,la lutte contre les pratiques culturelles néfastes,les droits des enfants en situation de handicap,et la protection des mineurs dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.Ces axes traduisent, selon la CDHC, l’urgence d’une action concertée à l’échelle continentale.
Des avancées notables au Cameroun
Sur le plan national, la Commission a salué les efforts des pouvoirs publics dans la mise en œuvre des politiques de protection de l’enfant. Parmi les initiatives relevées figurent :l’évaluation du Plan d’action 2018-2025 contre les pires formes de travail des enfants ;la consolidation de la ligne d’assistance téléphonique « 116 » dédiée aux enfants ;des campagnes de sensibilisation menées à Douala, dans la région de l’Est et du Sud, ainsi qu’à Eséka.La CDHC met également en avant ses actions de communication et d’éducation aux droits humains, notamment à travers plusieurs journées internationales célébrées entre décembre 2025 et mars 2026.
Violences et drames : une situation préoccupante
Malgré ces avancées, la Commission a exprimé sa vive inquiétude face à la recrudescence des violences contre les enfants.
Elle cite notamment plusieurs affaires marquantes, dont :le meurtre du jeune Nathanaël Mathys Ouandji Beao en mai 2025, ayant conduit à une condamnation à mort en mars 2026 par le tribunal du Mfoundi ;l’attaque terroriste survenue en janvier 2026 dans le village de Gidado, ayant coûté la vie à 14 civils dont sept enfants ;le décès tragique de la jeune Divine Mbarga en mars 2026, à la suite d’abus sexuels.Face à ces situations, la CDHC appelle à des réponses judiciaires fermes tout en rappelant son opposition à la peine de mort.
Coopération renforcée et engagement international
La Commission a également mis en avant ses actions de coopération, notamment :la signature d’un accord avec le ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique ;des échanges avec le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille ;sa participation à la 61e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève.
Elle souligne par ailleurs son rôle croissant sur la scène africaine, avec la présidence du Réseau des institutions nationales africaines des droits de l’homme obtenue en février 2026 à Yaoundé.Des défis persistants à releverParmi les défis majeurs, la CDHC pointe :la montée des infanticides et violences sexuelles ;les risques liés à l’usage non encadré des technologies numériques par les enfants ;les inégalités d’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement, notamment en zones rurales.
Un appel à l’action des États africains
En conclusion, la Commission camerounaise exhorte les États africains à intensifier leurs efforts pour :renforcer la lutte contre les violences faites aux enfants ;mieux encadrer l’usage des outils numériques ;garantir un accès équitable aux services essentiels.Réaffirmant son engagement, la CDHC se dit prête à poursuivre sa collaboration avec les mécanismes africains afin d’assurer une protection durable et effective des droits de l’enfant sur le continent.


