La restructuration du secteur minier artisanal semi-mécanisé au Cameroun entre dans une phase concrète.
Après seulement trois jours d’opérations sur le terrain, les premières retombées des mesures impulsées par le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim sont déjà perceptibles.Les descentes effectuées dans la région de l’Est révèlent une forte adhésion des acteurs du secteur. En effet, près de 95 % des entreprises inspectées se disent prêtes à formaliser leur engagement à respecter un seuil minimal de production, déterminé en fonction du nombre d’unités de traitement installées sur leurs sites.
ZINARI SARL, un exemple de conformité à Batouri
À Batouri, la société ZINARI SARL se positionne comme un modèle. Spécialisée dans l’exploitation de l’or dans l’arrondissement de Kette, l’entreprise dispose d’une dizaine de « bols » et s’est engagée à déclarer une production minimale de 5 kilogrammes d’or par mois.L’accord a été signé en présence des autorités administratives et des forces vives locales, marquant une étape importante dans la mise en conformité progressive des exploitants artisanaux.
Vers la régularisation des sites illégaux
Lors d’une rencontre avec les élites et les exploitants miniers locaux, le membre du gouvernement a rappelé que le Cameroun poursuit sa transition vers une exploitation minière plus industrialisée. Il a souligné que la restructuration du secteur artisanal se poursuivra jusqu’à la régularisation des 175 sites illégaux identifiés.
Cette démarche vise à assainir le secteur, améliorer la traçabilité de la production et accroître les recettes de l’État.Kambélé : un site rétrocédé aux communautés localesUn accent particulier a été mis sur le permis de Kambélé, désormais rétrocédé aux populations riveraines autochtones, conformément aux instructions du Président de la République.Les communautés concernées sont encouragées à s’organiser en entités légales afin de solliciter des autorisations d’exploitation semi-mécanisée, dans le strict respect du code minier.

Quatre exigences pour une exploitation conforme
La mise en conformité du secteur repose sur quatre exigences majeures :Obligations environnementales : paiement d’une caution de 63 millions de FCFA pour un site de 21 hectares et obtention d’une certification environnementale ;Obligations fiscales : impôt synthétique minier libératoire de 25 %, taxe d’exportation de 5 % et contribution de 1,5 % au fonds de développement du secteur ;Seuil minimal de production : engagement à déclarer une production mensuelle minimale, avec un plancher fixé à 5 kilogrammes d’or ;Innovation technologique : adoption, dans un délai de six mois, d’un système d’exploitation en circuit fermé, garantissant une meilleure récupération de l’or, une réduction de l’impact environnemental et une meilleure traçabilité.Une réforme structurante pour l’avenir du secteur minierÀ travers cette initiative, les autorités entendent poser les bases d’un secteur minier artisanal plus structuré, transparent et respectueux des normes environnementales. L’encadrement renforcé, avec l’appui des autorités administratives et des forces de défense et de sécurité, devrait permettre d’assurer une mise en œuvre efficace et durable de cette réforme.


