À l’occasion de l’ouverture du Sommet Mondial des Femmes 2026, une conférence ministérielle de haut niveau s’est tenue ce jeudi 4 juin 2026 au Hilton Bomonti Hôtel d’Istanbul, réunissant des responsables gouvernementaux, des acteurs du secteur privé et des partenaires au développement autour des questions d’autonomisation économique des femmes.Les travaux, modérés par la ministre turque de la Famille et des Services sociaux, Mahinur Özdemir Göktaş, ont porté sur les partenariats entre les secteurs public et privé visant à renforcer les opportunités économiques offertes aux femmes et aux jeunes filles à travers le monde.
Le Cameroun met en avant la budgétisation sensible au genre
Représentant le Cameroun à cette rencontre internationale, la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie Thérèse Abena Ondoa, a présenté une communication intitulée : « Égalité des genres et autonomisation des femmes au Cameroun : mise en œuvre d’une budgétisation sensible au genre dans le contexte de réforme budgétaire ».Dans son intervention, la ministre a souligné que la budgétisation sensible au genre constitue un instrument stratégique permettant de réduire les disparités entre les sexes et de promouvoir une croissance inclusive. Cette approche vise à intégrer les besoins, les intérêts et les aspirations des femmes et des hommes dans l’élaboration des politiques publiques et l’allocation des ressources budgétaires.Selon elle, cette démarche s’inscrit pleinement dans la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30) ainsi que dans le respect des engagements internationaux du Cameroun en matière d’égalité des genres.
Des inégalités encore Persistantes
Malgré les avancées enregistrées ces dernières années, des écarts significatifs demeurent dans plusieurs sphères de la vie publique. Les statistiques présentées lors de la conférence révèlent notamment que :Les femmes représentent seulement 10,8 % des maires, soit 39 femmes sur 360 communes ;Elles occupent 4,5 % des postes de chefs de partis politiques, avec 13 femmes sur 291 dirigeants ;Les femmes sous-préfets ne représentent que 4,2 %, soit 15 sur 360 ;Au sein du gouvernement, elles constituent 15,4 % des ministres, avec 6 femmes sur 39 membres.Ces chiffres illustrent les défis qui subsistent en matière de représentation et de participation des femmes aux instances de décision.
Un engagement institutionnel renforcé
Marie Thérèse Abena Ondoa a rappelé que depuis 2010, les circulaires du Chef de l’État prescrivent la prise en compte systématique de la dimension genre dans les documents budgétaires des administrations publiques.« Les circulaires du Chef de l’État depuis 2010 édictent des directives sur la prise en compte de la dimension de genre dans les documents budgétaires des administrations publiques », a-t-elle déclaré.Cette orientation a progressivement favorisé l’intégration de la perspective genre dans les réformes budgétaires nationales, avec l’appui de partenaires techniques et financiers.
Ne laisser personne derrière
Au cœur de cette politique se trouve le principe de « ne laisser personne derrière », qui vise à garantir que les catégories les plus vulnérables bénéficient également des retombées des politiques publiques.
Pour les autorités camerounaises, la budgétisation sensible au genre représente bien plus qu’un outil de gestion des finances publiques. Elle constitue un levier de transformation sociale permettant de promouvoir l’égalité des chances, l’autonomisation des femmes et des filles, ainsi qu’un développement plus équitable et durable.


