À l’occasion de la première édition des Journées Portes Ouvertes sur la lutte contre le paludisme, le VIH/Sida et la tuberculose, organisée au siège de la Croix-Rouge camerounaise ce 18 juin 2026 à Yaoundé, Expertise France a présenté les différentes actions menées au Cameroun dans le cadre du cycle de financement GC7 du Fonds mondial. L’événement s’est déroulé en présence du ministre de la Santé publique, le Dr Malachie Manaouda, de plusieurs membres du gouvernement ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Plus de 51 millions d’euros engagés depuis 2012
Prenant la parole au cours des échanges, le Pr Christophe Vanhecke, conseiller régional santé d’Expertise France, a rappelé que l’Initiative constitue le principal mécanisme français de soutien complémentaire aux subventions du Fonds mondial. Créée en 2012 et rattachée à l’Agence française de développement (AFD), elle intervient à travers trois canaux : l’assistance technique, le financement de projets portés par les institutions publiques et la société civile, ainsi qu’un nouveau mécanisme dénommé « accélérateur ».
Depuis son lancement, l’Initiative a engagé près de 51 millions d’euros au Cameroun dans la lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme. Entre 2017 et 2026, 46 projets d’assistance technique ont été financés pour un montant global d’environ 4 millions d’euros.Dans le cadre du GC7, le Cameroun bénéficie actuellement de trois assistances techniques, huit projets nationaux, trois projets multi-pays et un projet relevant du canal accélérateur.
Des projets ciblés pour répondre aux trois pandémies

Dans le domaine de la tuberculose, plusieurs interventions ont été soutenues, notamment le Projet 2.0 consacré à la réduction de la mortalité pédiatrique, ainsi qu’un programme porté par la Société de Recherche pour le Développement dans le Nord Cameroun.
Doté d’un budget de 1,8 million d’euros, ce projet vise à renforcer les systèmes de santé afin d’améliorer le diagnostic et la prise en charge de la tuberculose chez les enfants.Pour le paludisme, l’association Impact Santé Afrique met en œuvre un projet de quatre ans, financé à hauteur de 3 millions d’euros. Celui-ci vise à accroître l’implication des communautés et de la société civile dans la lutte contre la maladie, notamment dans les régions de l’Extrême-Nord et de l’Ouest.
S’agissant du VIH/Sida, plusieurs projets ciblent les populations vulnérables. Parmi eux figure le Projet Phénix, lancé en 2025 par l’association Affirmative Action, ainsi qu’un programme de renforcement de la prise en charge conduit par les ONG Horizon Femmes et Motoactions jusqu’en 2027. Une coalition d’organisations travaille également sur l’accompagnement global des usagers de drogue, en lien avec la prévention du VIH et des infections sexuellement transmissibles.Deux autres projets récemment achevés ont permis de renforcer le dépistage du VIH et du cancer du col de l’utérus grâce à des équipes mobiles et à l’introduction de méthodes innovantes de dépistage.
La France maintient son engagement en vue du GC8
Au-delà du bilan du GC7, les discussions ont également porté sur les perspectives du prochain cycle de financement, le GC8.
Selon le Pr Christophe Vanhecke, une nouvelle conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial est prévue en novembre prochain en Afrique du Sud.Il a rappelé que la France demeure le deuxième contributeur historique du Fonds mondial. Si elle avait mobilisé plus de 1,6 milliard d’euros dans le cadre du GC7, le contexte international actuel impose une adaptation des engagements financiers. Pour le GC8, la contribution française est annoncée à hauteur de 660 millions d’euros.Une partie de cette contribution, soit environ 9 à 10 %, est confiée à Expertise France afin de financer des projets complémentaires à ceux du Fonds mondial. Ces interventions permettent notamment d’agir dans des domaines ou des zones insuffisamment couverts par les subventions classiques.
Le conseiller régional santé a souligné que malgré un environnement international marqué par de nombreuses contraintes, la lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme demeure une priorité pour la France. Il a réaffirmé la volonté de son pays de poursuivre son soutien au Cameroun et aux autres pays bénéficiaires dans la lutte contre ces trois pandémies.



