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Afrique du Sud : Pretoria privilégie un débat sur la migration plutôt que sur la xénophobie à l’Union africaine

Face à la recrudescence des violences xénophobes en Afrique du Sud, le Ghana poursuit l’évacuation de ses ressortissants et appelle l’Union africaine (UA) à inscrire cette question à son agenda. Pretoria, tout en se disant favorable à des discussions au sein de l’organisation continentale, estime que le débat doit porter sur les enjeux plus larges de la migration et de leurs causes profondes.

Le Ghana intensifie le rapatriement de ses ressortissants

Le gouvernement ghanéen a annoncé le lancement d’une nouvelle phase d’évacuation de près de 1 000 de ses ressortissants vivant en Afrique du Sud, après une première opération de rapatriement. Cette décision intervient alors que des dizaines de milliers d’étrangers quittent le pays pour échapper aux violences xénophobes qui ont fait au moins quatre morts ces derniers mois.Dans ce contexte, le président ghanéen John Mahama a renouvelé son appel à l’Union africaine afin qu’elle organise des discussions spécifiques sur la montée de la xénophobie en Afrique du Sud, estimant que cette crise nécessite une réponse continentale.

Pretoria plaide pour un dialogue sur les causes de la migration

Réagissant à cette demande, le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, a affirmé dimanche que son gouvernement était favorable à un débat au sein de l’Union africaine, à condition qu’il dépasse les accusations dirigées contre l’Afrique du Sud.

Selon lui, les échanges devraient porter sur les facteurs qui alimentent les mouvements migratoires en Afrique, notamment le manque de croissance économique, le chômage, les défis de gouvernance ainsi que les questions de paix et de sécurité qui poussent de nombreux Africains à quitter leur pays d’origine.Le chef de la diplomatie sud-africaine a également mis en garde contre un débat centré uniquement sur son pays, estimant qu’une telle approche risquerait de stigmatiser l’Afrique du Sud sans apporter de solutions durables aux problèmes auxquels le continent est confronté.

Les conséquences économiques sous surveillance

L’exode massif des travailleurs étrangers commence déjà à susciter des inquiétudes dans plusieurs secteurs de l’économie sud-africaine, en particulier l’agriculture, où cette main-d’œuvre occupe une place essentielle. Plusieurs exploitants alertent sur le risque de pénuries de travailleurs susceptibles de perturber les activités de production.

Pour mesurer les effets de cette situation, la présidente du Comité interministériel sur la migration, Mmamoloko Kubayi, a annoncé la création d’un groupe de travail chargé d’évaluer l’impact des départs sur l’économie nationale. Les ministères du Commerce, de l’Industrie, de l’Agriculture et du Tourisme devront remettre, dans un délai de deux semaines, une analyse fondée sur des données fiables et élaborée en concertation avec les entreprises et les secteurs concernés.

Le comité prévoit également d’examiner l’évolution de la fréquentation touristique afin de déterminer si les violences et les départs massifs de ressortissants étrangers affectent l’attractivité du pays. Les autorités entendent ainsi mesurer les répercussions sur la croissance et la contribution des différents secteurs au produit intérieur brut, alors que le dernier trimestre a été marqué par un contexte particulièrement difficile.

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Myriane Djamegne

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