Le gouvernement camerounais a officiellement lancé, ce mercredi 29 juillet 2026 à l’hôtel Hilton de Yaoundé, le projet de renforcement des capacités nationales de prévention, de préparation et de réponse aux pandémies selon l’approche « Une seule santé » (One Health). La cérémonie a été présidée par le ministre de la Santé publique, le Dr Malachie Manaouda, en présence du représentant de la FAO, des partenaires techniques et financiers ainsi que de plusieurs membres du gouvernement.Ce projet, financé par le Pandemic Fund, marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale de sécurité sanitaire. Il vise à améliorer durablement la capacité du Cameroun à prévenir, détecter et répondre efficacement aux urgences de santé publique.
Tirer les leçons des crises sanitaires
Les nombreuses épidémies enregistrées ces dernières années, notamment la Covid-19, le choléra, la variole du singe, la rougeole, les méningites, les fièvres hémorragiques ou encore la rage, ont mis en évidence les vulnérabilités du système de santé. Elles ont également démontré la nécessité de bâtir un dispositif plus résilient face aux menaces sanitaires.C’est dans cette dynamique que le Cameroun, à travers une démarche multisectorielle, inclusive et participative, a soumis avec succès en 2025 un projet au Pandemic Fund. Ce mécanisme multilatéral de financement est exclusivement dédié au renforcement des capacités de prévention, de préparation et de riposte aux pandémies dans les pays à revenu faible et intermédiaire.
Le fonds soutient des investissements stratégiques dans la surveillance des maladies infectieuses, les laboratoires, le diagnostic et le renforcement des ressources humaines en santé. À ce jour, 128 pays répartis dans six régions du monde bénéficient de son appui à travers 67 projets.
Une approche multisectorielle pour protéger les Populations

Les interventions prévues couvriront les dix régions du Cameroun, avec une attention particulière portée à 42 districts de santé prioritaires. L’objectif est de renforcer les capacités nationales de prévention, de détection et de réponse aux urgences sanitaires selon l’approche « Une seule santé », qui intègre la santé humaine, animale et environnementale.
Le projet ambitionne notamment de contribuer à l’atteinte de la cible internationale « 7-1-7 » : détecter une flambée épidémique présumée en sept jours, la notifier aux autorités compétentes en un jour, puis mettre en œuvre les premières mesures efficaces de riposte dans un délai de sept jours.Dans son allocution, le ministre de la Santé publique, le Dr Malachie Manaouda, a insisté sur la nécessité d’une action concertée face aux défis sanitaires actuels.« Face aux menaces sanitaires contemporaines, aucun secteur ne peut agir seul et aucune institution ne peut réussir isolément.
Les épidémies ignorent les frontières administratives, géographiques et biologiques. L’approche « Une seule santé » s’impose non comme un slogan, mais comme une véritable méthode de gouvernance associant la santé humaine, animale et celle des écosystèmes », a-t-il déclaré.Le membre du gouvernement a également salué la confiance accordée au Cameroun par le Conseil de gouvernance du Pandemic Fund ainsi que l’accompagnement de la FAO, de l’UNICEF, de la Banque mondiale, de l’OMS, de la GIZ, de l’OIM, de l’UNESCO, de la Croix-Rouge camerounaise et des autres partenaires.
Plus de 160 millions de dollars mobilisés pour la sécurité sanitaire

Selon le Dr Malachie Manaouda, le projet bénéficie d’un financement de 23,5 millions de dollars du Pandemic Fund, auquel s’ajoutent 112 millions de dollars de cofinancement et 24 millions de dollars de co-investissements nationaux, soit un investissement global supérieur à 160 millions de dollars en faveur de la sécurité sanitaire du Cameroun.Cette enveloppe permettra de digitaliser la surveillance communautaire dans les 42 districts prioritaires, de créer sept centres régionaux d’appel, de renforcer la surveillance aux frontières, d’améliorer le partage des données entre les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale, ainsi que la surveillance de la résistance aux antimicrobiens.Le projet prévoit également l’opérationnalisation des centres régionaux des opérations d’urgence de santé publique, le renforcement de 50 laboratoires, l’amélioration des capacités de diagnostic, du transport sécurisé des échantillons et de la surveillance génomique.
Sur le plan des ressources humaines, des formations en épidémiologie de terrain et en épidémiologie vétérinaire seront renforcées, en impliquant les agents communautaires, les collectivités territoriales, les vétérinaires et les professionnels de l’environnement.
Pour le ministre de la Santé publique, la réussite de cette initiative reposera avant tout sur une gouvernance exemplaire. « Notre performance ne sera pas appréciée au nombre de réunions organisées, mais aux capacités effectivement créées, aux gains obtenus dans la détection et la riposte, et surtout aux vies des Camerounais protégées », a-t-il conclu.Avec le lancement de ce projet, le Cameroun entend consolider sa souveraineté sanitaire et renforcer durablement sa résilience face aux futures menaces épidémiques, en faisant de l’approche « Une seule santé » le socle de sa politique nationale de sécurité sanitaire.


