L’État du Cameroun a consacré 29,5 milliards de FCFA au paiement des intérêts et commissions de sa dette publique au cours du seul mois de juin 2026. Selon la note de conjoncture sur la dette publique publiée le 27 juillet par la Caisse autonome d’amortissement (CAA), cette somme représente 9 % des 327 milliards de FCFA mobilisés durant le mois pour assurer le service de la dette de l’administration centrale, hors restes à payer et remboursements des Bons du Trésor assimilables (BTA).Sur les 327 milliards de FCFA déboursés, 297,5 milliards, soit 91 % des paiements, ont été consacrés au remboursement du principal de la dette. Cette composante permet de réduire le capital restant dû, contrairement aux intérêts et commissions qui constituent la rémunération des créanciers.
Près de 150 milliards de FCFA d’intérêts en six mois
Entre janvier et juin 2026, le service de la dette de l’administration centrale s’est élevé à 1 059,3 milliards de FCFA. Sur ce montant, 909,4 milliards de FCFA, soit 85,8 %, ont servi au remboursement du principal, tandis que 149,9 milliards de FCFA, représentant 14,2 % des paiements, ont été affectés aux intérêts et commissions.Les 29,5 milliards de FCFA versés au cours du seul mois de juin représentent près d’un cinquième des charges financières acquittées depuis le début de l’année. Ce montant dépasse également la moyenne mensuelle d’environ 25 milliards de FCFA observée sur l’ensemble du premier semestre.
La dette extérieure a nécessité un service de 62,9 milliards de FCFA en juin, dont 54,9 milliards pour le principal et 8,1 milliards au titre des intérêts et commissions. Sur les six premiers mois de l’année, cette composante a absorbé 444,5 milliards de FCFA. La CAA précise que toutes les échéances extérieures arrivées à maturité ont été honorées dans les délais, sans aucun arriéré.
La dette intérieure concentre l’essentiel des remboursements
La dette intérieure, hors restes à payer, a représenté la plus grande part des règlements effectués en juin, avec un service de 264,1 milliards de FCFA. Depuis le début de l’année, elle totalise 614,8 milliards de FCFA, les titres publics, hors Bons du Trésor assimilables, représentant 76,4 % des paiements intérieurs.La CAA souligne toutefois que les 327 milliards de FCFA comptabilisés en juin ne couvrent pas l’ensemble des engagements financiers de l’État. Les restes à payer, évalués à 703,5 milliards de FCFA à fin juin, sont exclus de ce calcul. Parmi eux, 588,4 milliards de FCFA correspondent à des factures impayées depuis plus de trois mois, soit 83,6 % de l’encours.Ces restes à payer concernent des dépenses régulièrement engagées et liquidées, mais qui n’ont pas encore été réglées. Leur exclusion signifie que le niveau réel des engagements financiers de l’État demeure supérieur aux seuls montants enregistrés au titre du service de la dette.
Une charge financière appelée à augmenter
Les Bons du Trésor assimilables sont également exclus des statistiques du service de la dette publiées par la CAA. Ces titres de court terme sont émis avec des intérêts précomptés, ce qui signifie que leur coût est intégré dès leur émission et non sous forme de paiements périodiques.La distinction entre remboursement du principal et paiement des intérêts reste essentielle pour apprécier l’effort budgétaire de l’État.
Alors que le principal réduit progressivement l’encours de la dette, les intérêts et commissions rémunèrent les prêteurs sans diminuer le montant du capital restant dû.Les perspectives budgétaires laissent entrevoir une hausse continue de cette charge financière. D’après le Document de programmation économique et budgétaire 2027-2029, les intérêts de la dette devraient atteindre 552,4 milliards de FCFA en 2026, avant de progresser à 605,3 milliards en 2027 puis à 707,8 milliards de FCFA en 2029.



