Le Japon renforce son soutien humanitaire au Cameroun. Le gouvernement japonais a apporté une contribution de 200 millions de yens, soit environ 1,25 million de dollars américains et 708 millions de FCFA, au Programme alimentaire mondial (PAM/WFP) des Nations unies. Cette aide vise à fournir une assistance alimentaire d’urgence à plus de 13 000 réfugiés et personnes déplacées internes confrontés à l’insécurité alimentaire.
La cérémonie de remise de cette contribution s’est déroulée ce 12 août 2026 à Yaoundé entre l’ambassadeur du Japon MINAMI Kentaro et le directeur pays du PAM , Gianluca Ferrera en présence notamment de représentants du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, du ministère des Relations extérieures ainsi que de plusieurs autres personnalités et invités.
Plus de 13 000 personnes ciblées par l’aide japonaise
Le financement permettra au PAM de venir en aide à près de 6 200 réfugiés dans la région de l’Adamaoua et à environ 7 250 personnes déplacées internes dans l’Extrême-Nord. Dans ces deux régions, les conflits, les déplacements de populations, les chocs climatiques et les inondations récurrentes fragilisent les moyens de subsistance et réduisent l’accès des ménages vulnérables à la nourriture.
Pendant trois mois, les bénéficiaires recevront une assistance alimentaire en nature composée notamment de riz, poisson en conserve, huile végétale et sel. Cette aide doit permettre aux familles concernées de couvrir leurs besoins alimentaires et nutritionnels immédiats, tout en réduisant le recours à des stratégies d’adaptation préjudiciables.« La faim est souvent le premier signe que les familles arrivent au bout de leurs possibilités », a souligné Gianluca Ferrera, représentant et directeur pays du PAM au Cameroun. Selon lui, l’assistance alimentaire ne se limite pas à sauver des vies : elle contribue également à préserver les moyens de subsistance et la dignité des populations affectées.
Tokyo réaffirme son engagement aux côtés du Cameroun

Pour MINAMI Kentaro, ambassadeur du Japon au Cameroun, cette contribution traduit la solidarité de son pays avec les populations confrontées aux crises humanitaires. « Chaque famille mérite la possibilité de vivre dans la dignité et l’espoir, même en période de crise », a-t-il déclaré, en réaffirmant la volonté du Japon d’accompagner le gouvernement camerounais et le PAM dans la réponse aux besoins alimentaires urgents des réfugiés et des personnes déplacées.Cette coopération s’inscrit dans le prolongement des engagements pris par le Japon lors de la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9), tenue en août 2025. Elle vise notamment à renforcer la sécurité alimentaire et à promouvoir des systèmes agropastoraux durables en Afrique.
L’initiative rejoint également les ambitions des Objectifs de développement durable, notamment l’ODD 2 consacré à la lutte contre la faim et à la promotion de la sécurité alimentaire.Le Cameroun reste confronté à une situation humanitaire préoccupante. Près de 2,9 millions de personnes ont besoin d’une assistance, parmi lesquelles plus de deux millions de réfugiés, de personnes déplacées internes et de retournés. Entre janvier et juin 2026, le PAM indique avoir fourni une assistance alimentaire d’urgence à près de 120 000 personnes à travers le pays.

Un déficit de financement qui menace les opérations humanitaires
Malgré cette nouvelle contribution japonaise, les besoins humanitaires restent largement supérieurs aux ressources disponibles. Pour la période allant d’août 2026 à janvier 2027, le portefeuille d’activités du PAM au Cameroun nécessite 46,5 millions de dollars. Sur cette enveloppe, l’organisation recherche urgemment 43,2 millions de dollars, soit un déficit de financement de 93 %, afin de maintenir son assistance alimentaire, nutritionnelle et ses programmes de renforcement de la résilience au profit de quelque 591 000 personnes vulnérables.
Parmi les personnes ciblées figurent plus de 125 000 enfants de moins de cinq ans ainsi que des femmes enceintes et allaitantes exposés à la malnutrition. Le PAM a également besoin de 3 millions de dollars supplémentaires pour répondre aux effets de la période de soudure et venir en aide à environ 20 000 personnes affectées par les inondations.
L’absence de financements supplémentaires pourrait avoir de lourdes conséquences. Selon les projections du PAM, 194 000 personnes parmi les plus vulnérables risquent de perdre leur assistance alimentaire vitale, tandis que 125 000 enfants et mères pourraient ne plus bénéficier du soutien nutritionnel essentiel. Quelque 66 000 écoliers pourraient également être privés de repas scolaires et près de 59 000 personnes engagées dans des activités de relèvement précoce verraient leur vulnérabilité s’aggraver.
Face à cette situation, le PAM appelle à une mobilisation rapide de ses partenaires et donateurs afin d’éviter une nouvelle réduction de l’aide aux populations les plus exposées à la faim et à la malnutrition.


