Le stationnement abusif ou dangereux des poids lourds s’impose comme l’un des principaux facteurs de risque sur les routes camerounaises. Dans un communiqué signé le 14 août 2026, le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, alerte sur l’ampleur du phénomène.
Selon les données recueillies lors de la première phase de la campagne spéciale de contrôle et de répression des infractions routières, lancée le 25 juin dernier, 35 accidents de la circulation liés au stationnement dangereux de véhicules de transport de marchandises ont été enregistrés depuis le 1er juin 2026.Cette situation concerne particulièrement les véhicules transportant des marchandises diverses ou dangereuses. Stationnés sur la chaussée ou à ses abords immédiats, parfois sans dispositif de signalisation adéquat, ces camions constituent des obstacles particulièrement dangereux pour les autres usagers, notamment la nuit et sur les axes à forte circulation.
35 accidents recensés et 61 véhicules identifiés comme dangereux
Le drame survenu le 14 août sur le tronçon Ndikiniméki-Bafia, sur la route nationale n°4 reliant Yaoundé à Bafoussam, vient illustrer la gravité de la situation. Un bus de la compagnie Mangwa Boy a percuté un camion présenté par le ministère des Transports comme « dangereusement stationné ». L’accident a fait 16 morts et plus de 40 blessés, selon le bilan officiel.Les opérations de contrôle menées par la Brigade mobile de prévention routière ont par ailleurs permis d’identifier 61 véhicules présentant un danger potentiel pour la circulation. L’axe Yaoundé-Douala concentre le plus grand nombre de cas, avec 27 véhicules recensés.
Il est suivi de l’axe Yaoundé-Bafoussam, avec 19 véhicules, puis de Yaoundé-Bertoua, qui en compte 15.Pour le ministère des Transports, ces chiffres traduisent le non-respect persistant des règles de sécurité routière par certains conducteurs et transporteurs de poids lourds. Au-delà des infractions constatées, le stationnement anarchique expose directement les automobilistes, motocyclistes et passagers à des collisions parfois mortelles.
Des opérations d’enlèvement jusqu’au 30 septembre
Face à cette situation, le gouvernement entend durcir le ton. Le ministre des Transports annonce une nouvelle phase d’opérations spéciales d’enlèvement des obstacles routiers, prévue du 17 août au 30 septembre 2026 sur l’ensemble du territoire national. Les interventions cibleront en priorité les véhicules stationnés irrégulièrement ou représentant un danger pour les autres usagers.Tout véhicule en infraction pourra ainsi être systématiquement dégagé de la voie publique. Les contrevenants s’exposent à des sanctions administratives, auxquelles pourront s’ajouter des poursuites judiciaires lorsqu’un accident ou une mise en danger d’autrui est constaté.
Le ministre rappelle également aux conducteurs qu’en cas de panne ou d’immobilisation, le véhicule doit être correctement signalé et toutes les mesures nécessaires prises afin de procéder à son enlèvement dans les meilleurs délais.Cette intensification de la surveillance intervient à l’approche de la rentrée scolaire, période traditionnellement marquée par une hausse de la mobilité sur les principaux axes routiers.
À travers ces mesures, les autorités veulent réduire les obstacles sur les chaussées, prévenir de nouveaux drames et renforcer la sécurité des usagers sur l’ensemble du réseau routier camerounais.



