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Soudan : la guerre fait flamber le choléra, la dengue et le paludisme

Le Soudan fait face à une nouvelle urgence sanitaire. Alors que le conflit armé continue de fragiliser le pays, plusieurs maladies infectieuses gagnent du terrain dans différentes régions. La dengue, le choléra et le paludisme connaissent une recrudescence, mettant davantage sous pression un système de santé déjà profondément affecté par plus de trois années de guerre.

Dans ce contexte, les autorités sanitaires tentent de maintenir les services essentiels, mais sont confrontées à des pénuries de médicaments, de matériel médical et de personnel. Une situation qui réduit considérablement la capacité de prise en charge des populations, alors même que les besoins sanitaires ne cessent d’augmenter.

La dengue gagne du terrain dans plusieurs régions

Dans l’État du Nil Bleu, la progression de la dengue inquiète particulièrement les autorités. Plus de 680 cas y ont récemment été recensés, avec une tendance à la hausse. Le ministre de la Santé de l’État, Mustafa Jabrallah, appelle les organisations humanitaires à intervenir rapidement pour soutenir les populations touchées.La maladie ne se limite toutefois pas au Nil Bleu. La dengue connaît également une recrudescence dans l’État de Gezira et pourrait continuer à s’étendre à d’autres régions.

Pour les populations confrontées à cette situation, l’accès aux soins devient d’autant plus difficile que le traitement représente une charge financière importante.« L’épidémie de dengue se propage rapidement du Nil Bleu vers d’autres régions », témoigne Jaffer Hassan, habitant de la région, qui déplore le coût élevé des traitements et la pénurie de médicaments.La progression de la dengue intervient par ailleurs dans un environnement sanitaire particulièrement favorable à la transmission des maladies : accès limité à l’eau potable, dégradation des systèmes d’assainissement et perturbation des services de collecte des déchets.

Le choléra continue de faire des victimes

À cette progression de la dengue s’ajoute une nouvelle vague de choléra. Depuis juin, la maladie s’est propagée dans plusieurs zones du Darfour et du Kordofan. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé, près de 2 900 cas ont déjà été signalés, dont 247 décès.Cette nouvelle flambée s’inscrit dans une crise sanitaire beaucoup plus ancienne. Les données des Nations unies indiquent que les épidémies répétées de choléra ont fait plus de 3 500 morts au Soudan depuis juillet 2024.

La multiplication des foyers épidémiques illustre les conséquences sanitaires du conflit. Le manque d’eau potable, la dégradation des infrastructures d’assainissement et les déplacements de populations créent des conditions propices à la propagation du choléra.Le paludisme connaît lui aussi une recrudescence dans plusieurs États. La simultanéité de ces différentes maladies complique davantage le travail des équipes médicales, contraintes de répondre à plusieurs urgences avec des moyens limités.

Un système de santé fragilisé par la guerre

Derrière la progression des épidémies se trouve une autre crise : celle d’un système de santé profondément affaibli par le conflit. Les infrastructures médicales ont subi de lourdes perturbations et de nombreuses structures peinent à fonctionner normalement.Les pénuries concernent aussi bien les médicaments que les équipements et les ressources humaines. Dans plusieurs régions, les services publics essentiels à la prévention des maladies sont également fortement perturbés. La collecte des déchets, l’entretien des réseaux d’assainissement et les opérations d’hygiène environnementale ne peuvent plus être assurés correctement.

La rareté de l’eau potable constitue un facteur aggravant. Elle contraint de nombreuses populations à utiliser des sources d’eau présentant des risques sanitaires, favorisant ainsi la transmission de maladies hydriques comme le choléra.Face à cette situation, les autorités sanitaires soudanaises multiplient les appels à l’aide. Mais l’ampleur des besoins dépasse largement les capacités nationales dans un pays où le conflit continue de désorganiser les services publics.La crise sanitaire apparaît ainsi comme l’une des conséquences les plus préoccupantes de la guerre au Soudan.

Au-delà des combats, ce sont désormais les conditions de vie, l’accès à l’eau, l’assainissement et les soins qui déterminent la survie de millions de personnes. Sans un renforcement rapide de l’aide humanitaire et des services de santé, la multiplication des épidémies risque d’ajouter une catastrophe sanitaire durable à la crise humanitaire déjà profonde que traverse le pays.

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Myriane Djamegne

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