Au Darfour, la crise humanitaire prend une nouvelle dimension. La région de l’ouest du Soudan fait face à une sécheresse exceptionnelle, décrite comme la plus grave depuis les années 1980. Cette situation intervient alors que le pays est ravagé depuis plus de trois ans par la guerre et fait peser une pression supplémentaire sur une population déjà durement touchée par la faim et les déplacements.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) alerte sur une aggravation de la crise alimentaire dans cette région particulièrement vulnérable. Après avoir traversé le Darfour entre juin et septembre, période correspondant normalement à la saison des pluies, le directeur adjoint de l’organisation a constaté une situation inhabituelle, marquée par l’absence de précipitations suffisantes et l’assèchement des terres.
Une sécheresse qui fragilise l’agriculture et provoque de nouveaux déplacements
Habituellement, la période des pluies permet aux cours d’eau de se remplir et d’irriguer les terres agricoles. Cette année, le manque de précipitations et les longues périodes de sécheresse compromettent fortement les activités agricoles.Les sols craquelés témoignent de l’ampleur du phénomène.
La diminution des ressources en eau fragilise les récoltes et les moyens de subsistance des populations rurales, dans une région où l’agriculture constitue une source essentielle de nourriture et de revenus.La situation est d’autant plus préoccupante que le Darfour accueille déjà quelque 5,6 millions de personnes déplacées, selon les Nations unies. Une grande partie de ces populations vit dans des conditions extrêmement précaires et fait face à une sous-alimentation sévère.La sécheresse risque ainsi de provoquer de nouveaux déplacements, alors que les populations ont déjà été contraintes de quitter leurs localités en raison des combats et des violences.
La guerre et le climat aggravent la crise alimentaire
Cette catastrophe climatique se superpose aux conséquences de la guerre qui ravage le Soudan depuis 2023. Le conflit oppose l’armée soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) et a profondément désorganisé les infrastructures, les marchés et les systèmes de production alimentaire.
À la violence s’ajoutent les effets des perturbations climatiques. Le phénomène El Niño contribue notamment à modifier les régimes de précipitations et à réduire les ressources en eau dans certaines régions du Soudan et de l’Afrique de l’Est.Pour le PAM, la combinaison de ces facteurs accentue une crise alimentaire déjà très grave. Plus de 40 % de la population soudanaise serait confrontée à une faim aiguë. Dans ce contexte, la sécheresse au Darfour menace davantage les récoltes, l’accès à l’eau et les moyens de subsistance.
L’enchaînement de la guerre, des déplacements massifs et des conditions climatiques défavorables place ainsi les populations du Darfour face à une situation humanitaire particulièrement critique. La faiblesse des précipitations dans une région qui dépend fortement des pluies pour sa production agricole risque de rendre encore plus difficile l’accès à la nourriture dans les prochains mois.




