Amnesty International appelle Alger à renoncer à son projet de reprendre les exécutions des personnes condamnées à mort. L’organisation de défense des droits humains a exhorté mardi le gouvernement algérien à instaurer un moratoire officiel sur la peine capitale, dans un contexte marqué par la volonté des autorités de renforcer les sanctions contre certains crimes.
Une peine de mort envisagée pour certains crimes
Le débat sur une éventuelle reprise des exécutions intervient après une instruction du président Abdelmadjid Tebboune demandant au ministre de la Justice de modifier le Code pénal. Le projet prévoit notamment l’application de la peine de mort aux personnes reconnues responsables de feux de forêt, ainsi qu’aux auteurs de certains actes visant les enfants, notamment les ravisseurs et les agresseurs.Cette initiative intervient après les incendies meurtriers qui ont récemment touché plusieurs régions du pays. Selon le dernier bilan officiel cité, ces feux ont fait 12 morts. Les autorités algériennes ont annoncé leur volonté de condamner à la peine capitale les responsables de ces incendies.La perspective d’un durcissement de la législation relance ainsi le débat sur l’avenir de la peine de mort en Algérie.
Amnesty réclame un moratoire avant une abolition totale
L’Algérie n’a procédé à aucune exécution depuis 1993. La peine capitale continue toutefois d’exister dans son arsenal juridique et a notamment été prononcée dans des affaires liées au terrorisme.Face au projet des autorités, Amnesty International demande l’instauration d’un moratoire officiel sur les exécutions.
Pour l’organisation, cette mesure constituerait une première étape vers l’abolition définitive de la peine de mort.La demande intervient alors que le gouvernement algérien entend durcir sa réponse pénale face à certains crimes considérés comme particulièrement graves. Le débat porte désormais sur l’équilibre entre la volonté de renforcer les sanctions et les engagements en faveur de la protection du droit à la vie.




