Alors qu’il devait prendre la parole jeudi à New York devant l’Assemblée générale des Nations unies, le chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhan, n’a toujours pas obtenu de visa américain. Selon des sources citées par Reuters, Washington aurait lié la délivrance du document à l’acceptation par Khartoum d’une proposition de cessez-le-feu de 90 jours destinée à mettre un terme au conflit qui ravage le Soudan depuis avril 2023. La 81e session de l’Assemblée générale se tient actuellement à New York, avec le débat général prévu du 22 au 26 septembre. Nations Unies
Washington conditionne le visa à un cessez-le-feu
D’après Reuters, l’administration américaine n’aurait pas encore délivré le visa à Abdel Fattah al-Burhan, alors que sa participation aux travaux de l’Assemblée générale était prévue. Cette situation serait liée aux réserves exprimées par Khartoum à l’égard d’un plan de trêve de 90 jours porté par Massad Boulos, conseiller principal américain pour les affaires arabes et africaines. Le dossier a provoqué une réaction des autorités soudanaises. Dans une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU, António Guterres, l’ambassadeur du Soudan auprès des Nations unies a demandé une intervention de l’organisation face au blocage du visa.
Khartoum estime que cette situation soulève des questions au regard des obligations des États-Unis en tant que pays hôte du siège de l’ONU. La position soudanaise intervient alors que les discussions sur le cessez-le-feu se poursuivent. Dans une intervention aux Nations unies, la partie soudanaise a notamment affirmé avoir répondu à la proposition américaine et avoir évoqué une trêve humanitaire de 90 jours, assortie de conditions concernant notamment l’accès humanitaire et le retrait des forces paramilitaires des zones occupées.
Washington remet en cause la légitimité des deux camps
Le différend autour du visa intervient dans un contexte de détérioration des relations entre Washington et les autorités militaires soudanaises. Le Département d’État américain a indiqué mardi que ni les Forces armées soudanaises, dirigées par Abdel Fattah al-Burhan, ni les Forces de soutien rapide (RSF), commandées par Mohamed Hamdan Daglo, ne constituent, selon la position américaine, une autorité légitime pour gouverner le Soudan.Le pays est plongé dans une guerre depuis avril 2023, opposant l’armée aux RSF.
Les combats ont provoqué d’importants déplacements de populations et une grave crise humanitaire. L’ONU qualifie le conflit de l’une des crises humanitaires les plus graves au monde. Le blocage du visa de Burhan ajoute ainsi une nouvelle dimension diplomatique à la guerre soudanaise, alors que les efforts internationaux cherchent toujours à obtenir une cessation des hostilités et à faciliter l’acheminement de l’aide aux populations civiles.




