À l’approche des prochaines élections législatives et municipales, Elections Cameroon (ELECAM) entend renforcer son dispositif opérationnel. Réunis à Yaoundé depuis le 30 septembre 2026, les membres du Conseil électoral examinent notamment les projets de budget, les besoins logistiques, l’actualisation du fichier électoral et les défis liés à la sécurité numérique.La troisième session ordinaire de l’année 2026 du Conseil électoral d’Elections Cameroon marque une nouvelle étape dans la préparation des prochaines échéances électorales.
À l’ouverture des travaux, le président de cette instance, Dr Enow Abrams Egbe, a insisté sur la nécessité de passer des orientations stratégiques à des actions concrètes.Après les consultations électorales de 2025, l’institution entend tirer les enseignements de l’expérience acquise et renforcer ses mécanismes de préparation. Le suivi de l’exécution des résolutions des précédentes sessions figure ainsi parmi les principaux points à l’ordre du jour.Avec un réseau territorial constitué de 10 délégations régionales, 58 agences départementales et 360 antennes communales, ELECAM doit coordonner un dispositif électoral d’envergure nationale.
Le financement et la logistique au cœur des préparatifs
La mobilisation des ressources financières constitue l’un des principaux enjeux de cette session. Les membres du Conseil électoral examinent les avant-projets de budget d’ELECAM et de la dotation spéciale du Conseil électoral pour l’exercice 2027. Les projets de budget consacrés aux prochaines élections législatives et municipales ainsi que le niveau d’exécution du budget 2026 sont également soumis à leur appréciation.L’objectif est d’anticiper les besoins financiers afin de garantir le bon déroulement des différentes opérations électorales.
Pour le président du Conseil électoral, la démarche doit reposer sur trois principes : « anticiper, préparer et corriger à temps ».Sur le plan logistique, l’ampleur du dispositif à déployer constitue un autre défi majeur. Les prochaines élections législatives et municipales devront se tenir simultanément dans les 58 départements et les 360 communes du pays. Plus de 36 000 bureaux de vote sont annoncés.Cette opération implique une planification rigoureuse, depuis l’identification des sites jusqu’à l’acheminement du matériel électoral, en passant par la formation des équipes, la sécurisation des équipements et la transmission des données. Les antennes communales joueront un rôle central dans la coordination de ces activités sur le terrain.
Fichier électoral et enseignements de 2025
Au-delà des questions budgétaires et logistiques, l’actualisation du fichier électoral demeure un chantier déterminant. En 2026, ELECAM a procédé à la révision annuelle des listes électorales sur l’ensemble du territoire national, conformément aux dispositions du Code électoral. Les opérations ont notamment concerné les nouvelles inscriptions, les radiations, les modifications et les transferts.L’institution a également renforcé les possibilités de vérification en ligne des données d’inscription des électeurs. Ces mesures visent à disposer d’un fichier actualisé en prévision des prochaines consultations.Par ailleurs, le Conseil électoral entend capitaliser sur les expériences des scrutins de 2025. En décembre dernier, une session consacrée à l’évaluation de l’élection des conseillers régionaux du 30 novembre avait permis d’examiner le déroulement du scrutin et d’identifier des enseignements pour les échéances futures.Cette volonté d’amélioration s’appuie également sur les échanges internationaux.
Le président du Conseil électoral a notamment évoqué sa participation, aux côtés de l’honorable Haman Dahirou, à l’observation des élections parlementaires russes, à l’invitation de la Commission électorale centrale de la Fédération de Russie. Les discussions ont porté sur la modernisation des processus électoraux, les innovations technologiques et la sécurisation des scrutins.En juin 2026, Dr Enow Abrams Egbe avait également pris part à l’Assemblée générale du Réseau des compétences électorales francophones, à Namur, en Belgique, où il avait présenté le retour d’expérience du Cameroun sur l’élection présidentielle de 2025.
Cybersécurité et exécution du plan d’action : les autres priorités
La transformation numérique et ses nouveaux risques occupent également une place importante dans les travaux. La cybersécurité, la protection des données, l’intelligence artificielle et la désinformation figurent parmi les défis soulevés par le président du Conseil électoral.Pour ELECAM, la sécurisation du processus électoral ne se limite plus à la protection physique du matériel et des bureaux de vote. Elle implique désormais la protection des systèmes informatiques, la fiabilité des données et la maîtrise de la communication électorale dans un environnement numérique en constante évolution.L’institution a déjà engagé cette transition, notamment avec la possibilité offerte aux électeurs, depuis 2025, de vérifier en ligne leur inscription sur les listes électorales.Les travaux de cette troisième session portent également sur l’examen du rapport trimestriel d’activités de la Direction générale des élections, couvrant la période de juillet à septembre 2026.
Ce document permettra au Conseil électoral d’apprécier l’état d’avancement des programmes, de relever les éventuelles difficultés et de proposer les ajustements nécessaires.Au-delà de l’examen des documents budgétaires et administratifs, cette session doit ainsi contribuer à renforcer la coordination entre le Conseil électoral, chargé notamment de la supervision et du contrôle, et la Direction générale des élections, responsable de la mise en œuvre des opérations.




