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Apiculture au Cameroun : 8 100 tonnes de miel produites en 2025

Le Cameroun a produit 8 100 tonnes de miel en 2025, pour plus de 500 tonnes exportées. Des chiffres qui témoignent du potentiel de la filière apicole nationale, mais aussi des marges de progression encore importantes. À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’abeille 2026, le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA), Dr Taïga, a réaffirmé la volonté du gouvernement de renforcer la professionnalisation des acteurs, d’améliorer les équipements et de promouvoir une apiculture durable et génératrice de revenus.

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Une filière à fort potentiel économique

Placée sous le thème « Ensemble avec les abeilles, pour les populations et la planète », la Journée mondiale de l’abeille rappelle l’importance de ces insectes dans la préservation de la biodiversité, la production alimentaire et le développement des économies rurales.Instituée en 2017 par l’Assemblée générale des Nations unies et célébrée chaque année le 20 mai, cette journée constitue une occasion de sensibiliser les populations à la protection des abeilles et des autres pollinisateurs, dont le rôle est essentiel au maintien des écosystèmes.Au Cameroun, les perspectives de développement de l’apiculture reposent notamment sur la diversité des cinq grandes zones agroécologiques et l’abondance des ressources mellifères. Ces atouts naturels offrent des possibilités de production et de commercialisation du miel, mais également d’autres produits issus de la ruche.

En 2025, la production nationale de miel a atteint 8 100 tonnes, tandis que les exportations ont dépassé 500 tonnes, selon les données présentées par le MINEPIA. Ces statistiques restent toutefois à interpréter avec prudence, en raison de l’insuffisance des données disponibles et du caractère informel d’une partie des échanges commerciaux.Pour le gouvernement, l’enjeu consiste désormais à transformer ce potentiel en une véritable chaîne de valeur, capable de contribuer à la création d’emplois, à l’amélioration des revenus des producteurs et à la diversification de l’économie rurale. Cette ambition s’inscrit dans les orientations de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30).

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Équipements et professionnalisation au cœur des priorités

Malgré ses perspectives prometteuses, la filière apicole camerounaise demeure confrontée à plusieurs difficultés. Le faible niveau de professionnalisation de certaines exploitations, l’utilisation d’équipements rudimentaires, l’insuffisance des infrastructures de collecte et de transformation ainsi que l’accès limité au financement freinent son expansion.À ces obstacles s’ajoutent les difficultés d’accès aux marchés, la faiblesse des systèmes de collecte des données et la valorisation encore insuffisante des produits et sous-produits de la ruche.

Pour améliorer les conditions de travail des apiculteurs et accroître la productivité, le MINEPIA mise notamment sur la mise à disposition d’équipements adaptés aux différentes étapes de la production et de la transformation du miel.Le matériel de production comprend notamment des ruches kenyanes, des presses manuelles, des enfumoirs, des seaux maturateurs, des tenues de protection et des machettes coupe-herbe. Ces équipements permettent respectivement d’abriter les colonies d’abeilles, de faciliter certaines opérations de récolte, de sécuriser les interventions dans les ruches et d’entretenir les ruchers.

Pour la transformation, les apiculteurs disposent également d’équipements tels que les extracteurs de miel manuels, les maturateurs verticaux et horizontaux, les décristallisateurs, les cérificateurs solaires et les barils de contention. Ils contribuent à améliorer l’extraction, la maturation, la purification, le stockage et le conditionnement du miel, tout en favorisant la récupération de la cire.Dans son cadre de programmation 2027-2029, le MINEPIA entend poursuivre ses efforts en faveur du renforcement de l’encadrement technique, de l’accès aux technologies adaptées, de la professionnalisation des acteurs et de l’amélioration de la qualité et de la sécurité sanitaire des produits de la ruche.Une attention particulière devrait également être accordée aux jeunes et aux femmes, afin de faire de l’apiculture une activité entrepreneuriale susceptible de favoriser leur insertion socioéconomique.

Protéger les abeilles pour assurer la durabilité de la production

Au-delà des enjeux économiques, le développement de l’apiculture dépend directement de la préservation des abeilles et de leurs habitats. La dégradation des écosystèmes, la diminution des ressources mellifères, les changements climatiques, les maladies, les parasites et l’utilisation inappropriée de certains produits phytosanitaires constituent autant de menaces pour les pollinisateurs.Face à ces défis, le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales appelle à une action coordonnée entre les administrations publiques, les collectivités territoriales décentralisées, les organisations professionnelles, les chercheurs, les établissements de formation et les partenaires techniques et financiers.La diversification des activités représente également une piste importante pour accroître la rentabilité de la filière.

En plus du miel, la cire, la propolis, le pollen et la gelée royale offrent des possibilités de transformation et de commercialisation susceptibles de générer davantage de valeur ajoutée.La certification des produits, l’amélioration du conditionnement et l’accès à de nouveaux marchés figurent parmi les leviers pouvant renforcer la compétitivité des producteurs camerounais.Pour le MINEPIA, l’objectif est de bâtir une filière apicole compétitive, durable et créatrice de revenus, tout en contribuant à la préservation de la biodiversité et à la sécurité alimentaire.

La célébration de la Journée mondiale de l’abeille 2026 se veut ainsi un appel à la mobilisation collective. La concrétisation de cette ambition dépendra de la capacité des différents acteurs à renforcer leur coopération, à moderniser les pratiques apicoles et à faire de la protection des pollinisateurs une priorité durable.

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Myriane Djamegne

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