Le Comité national paralympique camerounais a officiellement lancé, le 7 octobre 2026 à Yaoundé, le projet sport adapté. Cette initiative porté par madame Mbey Rose entend après quatre mois renforcer les capacités des acteurs de terrain, à sensibiliser les personnes handicapées et à démocratiser l’accès à la pratique sportive.Le Comité national paralympique camerounais (CNPC) entend donner un nouvel élan à la pratique sportive chez les personnes handicapées. Le 7 octobre 2026, son siège à Nkolndongo, à Yaoundé, a accueilli la cérémonie officielle de lancement du projet sport adapté, présidée par le représentant du président de l’institution.
Placée sous le thème « Promotion et développement du para sport chez les personnes handicapées de Yaoundé », cette initiative s’étend sur quatre mois, avec une phase de formation prévue du 7 octobre au 15 décembre 2026. Elle ambitionne notamment de former gratuitement 50 pairs-éducateurs, chargés de relayer les connaissances acquises au sein de leurs fédérations, associations et organisations respectives.Le lancement marque ainsi le début d’un programme destiné à améliorer l’information sur les possibilités de pratique sportive pour les personnes handicapées et à favoriser leur participation aux activités physiques et sportives.
Un constat établi depuis 2021

À l’origine de ce projet, un constat dressé en 2021 lors des Jeux de la Fédération nationale des sports scolaires (FENASCO) à Mvomeka’a. Selon Mbey Rose Carine, professeure d’éducation physique et sportive, chargée d’études à la Direction technique nationale du CNPC et responsable du sport adapté à la CONFEJES, la participation des athlètes handicapés était particulièrement faible.Sur les dix régions attendues, avec au moins deux athlètes handicapés par région, seuls six athlètes issus de trois régions avaient pris part à la compétition. Cette situation a révélé des insuffisances en matière de communication et de sensibilisation, auxquelles s’ajoutaient les difficultés rencontrées par certains sportifs, confrontés à des disciplines dans lesquelles ils ne pouvaient pleinement s’épanouir.Pour répondre à ces préoccupations, le projet prévoit la vulgarisation de plusieurs disciplines adaptées, notamment la boccia, le para-escrime, le judo, le goalball, le taekwondo, le basketball adapté et le handball adapté. Des actions de sensibilisation seront également menées dans les centres inclusifs et les parcs nationaux.
L’élaboration du programme a bénéficié d’une phase préparatoire d’un mois, conduite avec des partenaires nationaux, parmi lesquels le Centre national de réhabilitation des personnes handicapées (CNRPH) et le Club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun (CJARC), en collaboration avec la direction technique nationale du CNPC.Initialement présenté dans le cadre d’un appel à projets en 2025, le projet n’a pu entrer dans sa phase opérationnelle qu’en 2026, en raison de difficultés financières. La CONFEJES assure 90 % de son financement, selon Mbey Rose Carine, qui souligne que l’initiative a été retenue à la cinquième place parmi 32 projets sélectionnés.
500 bénéficiaires attendus grâce aux pairs-éducateurs

Au-delà de la formation, le CNPC mise sur un effet multiplicateur pour toucher davantage de personnes handicapées. À l’issue des premiers exposés organisés après la cérémonie de lancement, Jean Claude Atchom, chef du département Développement et Promotion au CNPC, a précisé que les participants seront déployés sur le terrain par l’intermédiaire de leurs fédérations, associations et organisations respectives.Leur mission consistera à identifier, informer et accompagner les personnes handicapées qui ignorent encore qu’elles peuvent pratiquer une activité sportive. Une attention particulière sera accordée aux enfants qui, faute d’information ou de structures adaptées, restent éloignés des activités physiques et sportives.Le dispositif repose sur un objectif de formation en cascade : chacun des 50 pairs-éducateurs devrait à son tour sensibiliser ou former au moins dix personnes, soit un potentiel de 500 bénéficiaires directs.
Pour les responsables du projet, cette approche constitue un premier levier pour élargir progressivement l’accès au para sport sur l’ensemble du territoire national.Jean Claude Atchom estime que cette dynamique pourrait contribuer, à terme, à une meilleure inclusion des personnes handicapées dans le mouvement sportif camerounais. Il rappelle toutefois l’ampleur du défi, au regard du nombre de personnes vivant avec un handicap dans le pays.Les premiers bilans et rapports sont attendus au terme de la phase de mise en œuvre, le 15 décembre 2026. Ils permettront d’apprécier les résultats de cette initiative et les perspectives de son extension. À travers le projet sport adapté, le CNPC entend ainsi faire de la sensibilisation, de la formation et de la diversification des disciplines sportives des leviers essentiels de l’inclusion des personnes handicapées.


