À l’occasion de la première célébration de la Journée mondiale de la santé environnementale au Cameroun et en Afrique centrale, au Palais des Congrès de Yaoundé, les acteurs du secteur ont plaidé pour une meilleure prise en compte des liens entre environnement, santé humaine et santé animale. L’objectif est de renforcer la prévention des risques sanitaires grâce à la science et d’inscrire cette journée dans l’agenda national.
One Health, une approche pour prévenir les crises sanitaires
La santé humaine ne peut être dissociée de celle des animaux et de l’environnement. C’est le message central porté lors de la première célébration de la Journée mondiale de la santé environnementale au Cameroun et en Afrique centrale, organisée au Palais des Congrès de Yaoundé, en présence de Pierre Hélé, ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable, ainsi que de plusieurs autres personnalités.Placée sous le thème « Se ranger aux côtés de la science pour protéger les communautés », cette célébration met en avant l’approche One Health, ou « Une seule santé », qui repose sur l’interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes.
Dans son allocution, le représentant des organisateurs a rappelé que les populations ne peuvent durablement vivre en bonne santé dans un environnement dégradé. Il a notamment souligné les risques liés aux zoonoses, ces maladies transmissibles entre les animaux et les humains. Selon les estimations scientifiques généralement admises, une part importante des maladies infectieuses émergentes chez l’être humain est d’origine animale.La destruction des forêts et la perturbation des habitats naturels peuvent favoriser les contacts entre les populations humaines et la faune sauvage, augmentant ainsi les risques de transmission de certains agents pathogènes.« Protéger la biodiversité, c’est faire de la médecine préventive de masse », a résumé l’intervenant, insistant sur la nécessité de considérer la préservation des écosystèmes comme un levier de prévention sanitaire.
Pollution urbaine : la science appelée à anticiper les risques
Au-delà des zoonoses, les participants ont été interpellés sur les conséquences de la pollution environnementale dans les grandes agglomérations. L’accumulation de polluants issus des activités humaines constitue une préoccupation croissante pour la santé publique.Les particules fines émises par les véhicules, les substances toxiques libérées par le brûlage à ciel ouvert des déchets plastiques et les risques de contamination des eaux souterraines figurent parmi les menaces évoquées.
Pour mieux comprendre ces expositions multiples, l’intervenant a fait référence au concept d’exposome, qui permet d’étudier l’ensemble des facteurs environnementaux auxquels un individu est exposé tout au long de sa vie et leurs effets potentiels sur sa santé.Face à ces défis, les équipes techniques sont appelées à traduire l’approche One Health en mesures concrètes. Parmi les pistes avancées figurent l’installation de capteurs de qualité de l’air, la surveillance de la biodiversité, le renforcement de la biosécurité aux interfaces entre l’homme et la faune, ainsi que la mise en place d’indicateurs environnementaux capables de contribuer à l’anticipation des crises sanitaires.L’enjeu est de disposer de données fiables pour identifier les risques en amont, orienter les politiques publiques et limiter les conséquences sanitaires des dégradations environnementales.

Vers l’institutionnalisation de la célébration au Cameroun
Instituée en 2011 par la Fédération internationale de la santé environnementale, organisation basée à Londres, la Journée mondiale de la santé environnementale vise à sensibiliser les pouvoirs publics, les professionnels et les populations aux enjeux sanitaires liés à la qualité de l’environnement.L’édition 2026 est placée sous le thème « La santé environnementale s’appuyer sur la science pour protéger les communautés », selon les éléments présentés au cours de la cérémonie.
Au fil des années, cette journée a suscité des initiatives dans plusieurs pays d’Afrique, d’Europe, d’Amérique, d’Asie et du Pacifique. Parmi les pays cités figurent notamment l’Afrique du Sud, le Kenya, le Nigeria, la Tunisie, les États-Unis, le Canada, l’Australie, la France et l’Allemagne.Au Cameroun, cette première célébration en Afrique centrale ouvre la voie à une réflexion sur la pérennisation de l’initiative. Les organisateurs entendent ainsi soumettre au ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable une proposition visant à institutionnaliser la célébration de la Journée mondiale de la santé environnementale dans le pays.
Cette démarche permettrait de renforcer la mobilisation des administrations, des collectivités territoriales, des professionnels et des organisations de la société civile autour d’un objectif commun : prévenir les risques sanitaires par une meilleure protection de l’environnement.Au-delà de la célébration symbolique, l’ambition est de faire de cette journée un cadre régulier de sensibilisation, de partage des connaissances scientifiques et de coordination des actions publiques. Une orientation qui place la prévention et la responsabilité collective au cœur des politiques de santé environnementale au Cameroun.



