À l’approche de la 20ᵉ édition de la campagne des « 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles », prévue du 25 novembre au 10 décembre 2026, le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) engage les acteurs institutionnels et sociaux dans une dynamique de mobilisation collective. Une première réunion élargie aux partenaires s’est tenue le 20 octobre 2026, afin de préparer cette campagne placée sous le signe de la justice, de la protection des survivantes et de la lutte contre l’impunité.
Une mobilisation multisectorielle pour dépasser les discours
Placée sous le thème « Tous unis pour éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles : garantir la justice, protéger les survivantes, mettre fin à l’impunité », cette édition entend renforcer la coordination entre les institutions publiques, les organisations de la société civile et les partenaires au développement.
La rencontre préparatoire a réuni plusieurs administrations, notamment les ministères chargés de l’Administration territoriale, des Arts et de la Culture, des Affaires sociales, ainsi que de la Jeunesse et de l’Éducation civique. Le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (FEICOM) figurait également parmi les structures représentées.Du côté des organisations et partenaires, l’Association des femmes juristes du Cameroun, ACAHIJEC, le CIDIMUC, la GIZ, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Women Voice International, CUSO et la Croix-Rouge ont notamment pris part aux échanges.
Cette diversité d’acteurs traduit la volonté de faire de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles une responsabilité partagée. Car ces violences ne relèvent pas uniquement de la sphère familiale ou des relations interpersonnelles. Elles interrogent également le fonctionnement des institutions, l’accès aux services sociaux, l’application des lois et les normes sociales qui contribuent parfois à banaliser les agressions.Toutefois, la participation d’un large éventail de partenaires ne constitue qu’une première étape. Le véritable enjeu réside dans leur capacité à coordonner leurs interventions, à définir des actions concrètes et à assurer un suivi des engagements pris. La campagne ne pourra produire des effets durables que si la mobilisation institutionnelle se traduit par des changements perceptibles dans la vie des femmes et des filles.
Justice, protection et lutte contre l’impunité : le défi de l’efficacité
Les trois priorités retenues pour cette édition mettent en évidence les principaux défis auxquels reste confrontée la lutte contre les violences basées sur le genre. Il s’agit, d’abord, de faciliter l’accès des victimes à la justice, ensuite de renforcer leur protection et leur accompagnement, enfin de garantir que les auteurs répondent de leurs actes.
L’accès à la justice demeure un enjeu déterminant. La peur des représailles, la dépendance économique, la pression familiale, la stigmatisation et le manque d’information peuvent dissuader certaines victimes de dénoncer les violences subies. Dans ce contexte, l’existence de textes juridiques ne suffit pas : encore faut-il que les victimes puissent les mobiliser et obtenir une réponse appropriée des institutions compétentes.La protection des survivantes constitue un autre maillon essentiel. Elle suppose des mécanismes d’écoute accessibles, un accompagnement psychosocial, une assistance juridique et, lorsque cela est nécessaire, des solutions d’hébergement et de prise en charge. Une victime ne devrait pas avoir à choisir entre sa sécurité et sa stabilité économique ou familiale pour sortir du cycle des violences.
Enfin, la lutte contre l’impunité exige une application effective des lois, une responsabilisation des auteurs et une sensibilisation continue des communautés. L’implication des leaders traditionnels, communautaires et religieux, des établissements scolaires et universitaires, des médias, du secteur privé et des associations d’hommes apparaît, à cet égard, indispensable pour faire évoluer les comportements et combattre les stéréotypes qui entretiennent les violences.
Au-delà des activités prévues du 25 novembre au 10 décembre 2026, l’efficacité de cette 20ᵉ édition se mesurera donc à la continuité des actions engagées, à l’accessibilité des dispositifs de prise en charge et à la capacité des institutions à répondre aux victimes. L’ambition affichée est claire : passer de la sensibilisation à une réponse collective, concrète et durable, afin que la protection des droits des femmes et des filles ne soit plus seulement un objectif de campagne, mais une réalité quotidienne.


