Face à la propagation de l’épidémie d’Ebola en Afrique, le Cameroun renforce son dispositif de prévention et de préparation à une éventuelle urgence sanitaire. Entre surveillance épidémiologique, coopération transfrontalière et préparation de la riposte, les autorités sanitaires entendent anticiper tout risque d’importation du virus, notamment en provenance des pays voisins.
Une menace sanitaire qui appelle à une coopération renforcée
Le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, a lancé un appel à une vigilance accrue face à une situation qu’il juge extrêmement grave. Il préconise un renforcement de la coopération entre les pays afin de mettre en œuvre des mesures de contrôle plus efficaces et de limiter la circulation du virus.
Déclarée en février dernier, l’épidémie a déjà provoqué, selon les données communiquées, 4 600 décès en République démocratique du Congo (RDC), principal foyer de la maladie, où 9 600 cas avaient été recensés au 18 octobre. D’autres pays ont également signalé des cas, notamment l’Ouganda, avec 14 cas et deux décès, le Nigeria, avec un cas, et le Kenya, avec neuf cas.Cette propagation géographique rappelle qu’aucun pays n’est totalement à l’abri de la maladie et souligne la nécessité d’une coordination régionale pour renforcer la surveillance, détecter rapidement les cas suspects et prévenir de nouvelles transmissions.
Le Cameroun anticipe les risques d’importation du virus
Pour éviter toute surprise, le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, a réuni les responsables de son département ministériel ainsi que ceux d’autres administrations sectorielles. L’objectif est de préparer le pays à une éventuelle apparition de la maladie sur son territoire, tout en consolidant les mesures de prévention.La vigilance est particulièrement importante aux frontières. Le Cameroun et le Nigeria partagent une frontière de plus de 1 500 kilomètres, marquée par des mouvements réguliers de personnes et de marchandises. Ces échanges, indispensables à la vie économique et sociale des populations frontalières, peuvent également favoriser la circulation des agents pathogènes.
Les précédents liés à la transmission transfrontalière de virus, notamment du poliovirus sauvage, illustrent l’importance d’une surveillance coordonnée et de mécanismes de riposte opérationnels.Au Nigeria, les 44 personnes ayant été en contact avec le cas déclaré font l’objet d’une surveillance afin de limiter les risques de propagation du virus Ebola de type Bundibugyo. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie de suivi des contacts, essentielle pour identifier rapidement d’éventuelles infections et interrompre les chaînes de transmission.Dans une interview accordée à l’Agence de presse du Nigeria (NAN), le porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Stéphane Dujarric, a exprimé sa confiance dans la capacité des autorités sanitaires nigérianes à maîtriser la situation : « Nous avons pleinement confiance dans l’aptitude et les capacités des autorités sanitaires du gouvernement nigérian à gérer ce cas isolé ».
Pour le Cameroun, l’enjeu est désormais de maintenir un niveau élevé de préparation, de renforcer la coordination entre les administrations concernées et de garantir une surveillance efficace aux points d’entrée du territoire. Dans un contexte de mobilité transfrontalière, l’anticipation demeure un levier essentiel pour limiter le risque d’importation du virus et protéger les populations.


