Le rapprochement diplomatique entre l’Algérie et le Tchad franchit une nouvelle étape. Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, s’est rendu à N’Djamena en qualité d’envoyé spécial du président Abdelmadjid Tebboune. Porteur d’un message écrit du chef de l’État algérien à son homologue tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, le chef de la diplomatie algérienne a été reçu par le président tchadien.
Cette visite vise à consolider les relations bilatérales et à renforcer la concertation entre les deux pays sur les principaux enjeux régionaux.Au cours de cette audience, les échanges ont porté sur la dynamique de coopération entre Alger et N’Djamena ainsi que sur les perspectives visant à donner une nouvelle impulsion à leur partenariat. Selon le ministère algérien des Affaires étrangères, les discussions ont également abordé les principaux défis auxquels sont confrontés les espaces régional et continental.
Vingt-sept accords pour renforcer les échanges économiques
Cette mission diplomatique s’inscrit dans le prolongement de la visite d’État effectuée par Mahamat Idriss Déby Itno en Algérie, le 26 avril dernier. Ce déplacement avait marqué un tournant dans les relations entre les deux pays, avec la signature de 27 accords et mémorandums de coopération dans plusieurs domaines, notamment les médias, l’agroalimentaire, la santé et les transports.
Le secteur énergétique occupe également une place importante dans ce partenariat. L’entreprise algérienne Sonelgaz International a notamment réalisé une centrale électrique d’une capacité de 40 mégawatts à N’Djamena. À cela s’ajoute l’engagement de l’Algérie à approvisionner le Tchad en 5 000 tonnes de gaz de pétrole liquéfié (GPL) par mois, afin de contribuer à la couverture des besoins nationaux.Ces initiatives traduisent la volonté des deux États de transformer leur rapprochement politique en réalisations concrètes, susceptibles de soutenir les échanges commerciaux et de répondre à certains besoins stratégiques du Tchad.
La sécurité au Sahel au cœur des préoccupations
Au-delà des enjeux économiques, la coopération sécuritaire constitue un autre pilier de ce rapprochement. Ahmed Attaf a réaffirmé l’engagement de l’Algérie en faveur de la stabilité de l’espace sahélo-saharien, ainsi que sa disponibilité à travailler avec les États de la région pour renforcer les mécanismes de sécurité.Cette concertation intervient dans un contexte régional marqué par la recomposition des alliances et des dispositifs de coopération sécuritaire au Sahel. Face à la persistance des menaces transfrontalières et aux défis liés à la stabilité politique et économique, Alger et N’Djamena semblent vouloir privilégier une coordination renforcée.
Pour l’Algérie, le Tchad représente un partenaire stratégique dans cette région charnière entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. Pour N’Djamena, le renforcement des relations avec Alger ouvre des perspectives supplémentaires en matière d’investissements, d’approvisionnement énergétique et de coopération diplomatique. Une convergence d’intérêts qui pourrait contribuer à redessiner les contours du partenariat entre les deux pays dans l’espace sahélo-saharien.



