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Exécution budgétaire 2026 – Au Cameroun, plus de 30 000 milliards de FCFA consolidés sans impact

De 4865,2 milliards FCFA en 2021 à 7317,7 milliards en 2025, le budget du Cameroun a évolué de façon considérable au cours des 05 dernières années. Une tendance confirmée par le projet de loi de Finances 2026 qui projette un budget de 8 816,4 milliards de FCFA, 1 080,5 milliards de plus (+14 %) par rapport à l’exercice 2025, soit une augmentation de près de 3500 milliards FCFA sur les 06 dernières années. Derrière cette hausse vertigineuse, l’exécution budgétaire continue de faire du surplace devant les autorités qui identifient des défis persistants comme l’instabilité des applications informatiques et les retards dans la passation des marchés.

Les taux de réalisation physique et financière des projets au Cameroun ont affiché des variations diverses au fil des années. Conséquence, l’impact au niveau des populations reste mitigé. Au 31 décembre 2022 par exemple, le taux d’exécution physique des projets inscrits est ressorti à 74,56% contre 74,99% à la même période de l’exercice 2021, soit une baisse de 0,43 point. À la période échue, le Nord et l’Adamaoua affichaient les taux d’exécution les plus élevés avec respectivement 91,5 % et 87,8%. Malgré la crise sécuritaire dans les régions anglophones, le taux d’exécution dans le Nord-Ouest était ressorti à 87,86% contre 73,6% dans le Sud-ouest. Le mauvais élève en matière d’exécution physique restait la région du centre avec un taux de 65,76% des projets exécutés à fin 2022. Pour l’exercice 2023, l’exécution physico-financière du Budget d’investissement public a connu une baisse de 11,01 points comparativement à 2022 où il se chiffrait à 74,56%.

Dans l’attente du bilan de la mise en œuvre du Budget d’investissement public (BIP) au 31 décembre 2025. Le 17 juillet dernier, les acteurs clés de l’exécution physico-financière de l’investissement public se sont réunis à Yaoundé pour dresser le bilan de la mise en œuvre du BIP au 31 décembre 2024. Selon le rapport rendu public, l’exécution physique des projets indique un taux de 64,88%, contre 63,55% au terme de l’exercice 2023, soit une hausse de 1,33%. Les régions de l’Adamaoua et de l’Extrême-Nord enregistrent les meilleures performances avec des taux d’exécution physique respectifs de 93,46% et 84,89%.

Des populations qui ne bénéficient pas toujours des équipements souhaités

Pour justifier ce statu quo, le Comité national de suivi de l’exécution physico-financière du BIP explique que l’exécution rencontre plusieurs difficultés notamment la faible maturation des projets, l’abandon de certains chantiers en raison du non-paiement des décomptes, des lenteurs dans l’exécution physique de certains projets à financement conjoint, la faible appropriation des procédures d’exécution et la crise sécuritaire dans certaines régions entre autres. Rappelant aux membres du Comité le rôle stratégique de l’investissement public dans le processus de développement du Cameroun, Alamine Ousmane Mey prescrit, entre autres : le respect strict des délais d’exécution des projets, l’ajustement des coûts des unités physiques aux réalités locales ainsi qu’une plus grande rigueur dans l’évaluation des capacités financières des entreprises soumissionnaires de la commande publique.

Des budgets asphyxiés par la dette

Calculette à main, entre 2021 et 2025 ; le Cameroun a consolidé un budget global de plus de 31 950,3 milliards de FCFA. Au cours de la même période, 6254,5 milliards ont été consacrés au remboursement de la dette. Si cet endettement a la vocation de contribuer à la stabilité du budget. Pour de nombreux analystes, l’endettement constitue également un poids énorme quant à la réalisation de divers projets. À défaut d’orienter les fonds vers des projets à fort impact socio-économique, « Le service de la dette impacte négativement le budget du Cameroun en drainant une part importante de ses ressources, en augmentant la charge de l’État, en risquant des sanctions internationales et en limitant les investissements publics productifs. La pression sur le budget est aggravée par une forte proportion de prêts non concessionnels à taux élevés et des difficultés de recouvrement fiscal, qui obligent l’État à consacrer une somme considérable aux remboursements au détriment d’autres dépenses essentielles », assurent les experts.

Des recommandations pour un meilleur impact

De l’avis de plusieurs observateurs, pour que le budget impacte positivement les populations camerounaises, il y’a nécessairement lieu « de renforcer l’exécution des projets dans les infrastructures pour soutenir la croissance, la mise en œuvre de politiques de soutien à la production locale pour réduire les importations, et l’amélioration de la gestion environnementale et des risques climatiques. Il est aussi crucial d’assurer l’inclusion sociale des populations autochtones, de mieux gérer la pression des réfugiés sur les ressources locales et de renforcer les capacités des acteurs de l’exécution des projets pour une meilleure qualité. ».

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Martial Obiona

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