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𝐌𝐀Ï𝐒 : 𝐋𝐄 𝐆𝐎𝐔𝐕𝐄𝐑𝐍𝐄𝐌𝐄𝐍𝐓 𝐄𝐓 𝐋𝐄𝐒 𝐀𝐂𝐓𝐄𝐔𝐑𝐒 𝐃𝐄 𝐋𝐀 𝐅𝐈𝐋𝐈È𝐑𝐄 𝐎𝐏𝐓𝐄𝐍𝐓 𝐏𝐎𝐔𝐑 𝐔𝐍𝐄 𝐒𝐔𝐒𝐏𝐄𝐍𝐒𝐈𝐎𝐍 𝐃𝐄𝐒 𝐈𝐌𝐏𝐎𝐑𝐓𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍𝐒

Le signal est inhabituel. Dans la filière maïs, le scénario classique était bien connu : stocks insuffisants, tension sur les prix, importations en urgence pour combler le déficit. Cette fois, c’est l’inverse qui s’est produit, et la situation n’est pas moins préoccupante. Des producteurs locaux se retrouvent avec d’importants volumes invendus sur les bras, pendant que des cargaisons importées, sur autorisation du Gouvernement, continuent, elles, de trouver le chemin du marché camerounais.

Ce renversement de situation interpelle d’autant plus qu’il intervient dans un contexte où le Chef de l’État a fait de l’import-substitution une orientation stratégique claire et constante. Produire camerounais, consommer camerounais, valoriser les terres et les paysans du pays : cette boussole, inscrite en filigrane dans la Stratégie Nationale de Développement SND30, guide l’action du Gouvernement depuis des années. Voir des producteurs nationaux peiner à écouler leurs récoltes pendant que des importations s’accumulent sur le marché est donc une anomalie que les autorités ne pouvaient pas laisser prospérer.

Alerté de cette situation, le Ministère du Commerce a aussitôt actionné son rôle de régulateur. À cet effet, la Salle de conférences du Mincommerce a accueilli, ce mercredi 13 mai 2026, une réunion de concertation présidée par le Ministre 𝐋𝐮𝐜 𝐌𝐚𝐠𝐥𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐌𝐛𝐚𝐫𝐠𝐚 𝐀𝐭𝐚𝐧𝐠𝐚𝐧𝐚. Autour de la table : le représentant du Ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), celui du Ministère des Finances au travers de la Direction Générale des Douanes, les présidents et directeurs généraux des sociétés importatrices de maïs, ainsi que les opérateurs économiques de l’amont et de l’aval de la filière.

É𝐭𝐚𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐞𝐮𝐱

Avant de chercher des solutions, il fallait comprendre. La réunion de ce jour avait précisément pour ambition de poser le bon diagnostic. Comment en est-on arrivé là ? La réponse tient en quelques mots, portée par le représentant du Minader : des permis d’importation ont été effectivement délivrés aux importateurs, faute pour l’administration de disposer des informations statistiques sur le niveau de la production nationale et l’état des stocks détenus par les producteurs.

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𝐃𝐞𝐬 𝐦𝐞𝐬𝐮𝐫𝐞𝐬 arrêtées 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐟𝐚𝐜𝐞 à 𝐥𝐚 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧

La discussion a été franche et les conclusions à la hauteur de l’urgence. Toutes les parties prenantes ont parlé, à tour de rôle, et leurs propositions ont convergé sur la nécessité impérieuse de sauver la production nationale, donnant lieu aux résolutions ci-après : 1- Suspension immédiate des importations (Administration responsable : Minfi/Direction Générale des Douanes)2- Évaluation des stocks détenus par les producteurs en vue de la recherche des voies et moyens de leur écoulement (Administration responsable : Minader)3- Saisine de l’Office Céréalier ou d’autres acteurs professionnels, à l’instar de la Compagnie Fermière Camerounaise, aux fins de l’achat et d’un stockage adéquat de la production disponible (Administration responsable : Minader)4- Délivrance encadrée, dans toute la mesure du possible, des autorisations d’importation des poussins d’un jour, des œufs à couver et des parentaux, qui sont des grands consommateurs de maïs à même de faciliter l’absorption, en tout ou partie, des stocks en souffrance (Administrations responsables : Minader et Minepia). Au-delà de ces mesures d’urgence, le Ministre 𝐌𝐛𝐚𝐫𝐠𝐚 𝐀𝐭𝐚𝐧𝐠𝐚𝐧𝐚 a tenu à regarder plus loin. Cet épisode révèle, en filigrane, une fragilité structurelle de la filière : l’absence d’un cadre interprofessionnel solide, capable de faire circuler l’information entre producteurs, importateurs et distributeurs, et d’anticiper les déséquilibres avant qu’ils ne dégénèrent en crise.

Le Ministre a exhorté les acteurs à la mise en place d’une véritable interprofession qui intègre l’ensemble des parties prenantes.La démarche s’inscrit, au fond, dans une logique plus large. Les décisions prises ce mercredi sont en cohérence directe avec la politique d’import-substitution portée par le gouvernement et les ambitions de la SND30 : protéger la production nationale, donner aux paysans camerounais les débouchés qu’ils méritent, et construire patiemment une souveraineté alimentaire qui ne dépende plus des aléas des marchés extérieurs.

𝐂𝐞𝐥𝐜𝐨𝐦 𝐌𝐢𝐧𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐫𝐜𝐞

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Myriane Djamegne

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