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Des collines de Boyo à la direction d’un institut des Nations Unies : Richard Munang, une fierté camerounaise

La nomination du Camerounais Dr Richard Munang à la tête de l’Institut des Nations Unies pour les ressources naturelles en Afrique (UNU-INRA) marque une étape majeure pour le Cameroun et pour le continent africain. À compter du 14 septembre 2026, cet expert en environnement et en politiques climatiques dirigera la seule institution du système de l’Université des Nations Unies entièrement consacrée à la gouvernance des ressources naturelles en Afrique.

Originaire de Jinkfuin, dans le département du Boyo (région du Nord-Ouest), Richard Munang incarne le parcours d’un enfant issu d’un milieu rural qui, grâce à l’éducation, a su gravir les échelons jusqu’aux plus hautes sphères de la gouvernance internationale. Son ascension constitue un symbole d’espoir pour la jeunesse camerounaise et africaine, à une période où l’accès à l’éducation demeure un défi dans plusieurs régions du pays.

Une carrière bâtie sur l’excellence Scientifique

Après ses études primaires à Government School Jinkfuin, Richard Munang poursuit sa formation à Baptist Comprehensive High School Njinikejem, puis à Government Bilingual High School Bamenda. Il intègre ensuite l’École normale supérieure de Bambili, alors rattachée à l’Université de Yaoundé I, où il étudie la physique et les sciences de l’éducation.

Lauréat d’une bourse Chevening, il rejoint l’Université de Nottingham, au Royaume-Uni, où il obtient un master puis un doctorat en changement climatique et politiques environnementales. Il poursuit ensuite ses recherches au Trinity College de Dublin, en Irlande.Depuis son entrée au Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) en 2009, Richard Munang s’est imposé comme l’une des principales références africaines en matière d’adaptation aux changements climatiques. Il est notamment à l’origine du premier Rapport africain sur le déficit d’adaptation, qui a contribué à renforcer les arguments du continent en faveur d’un financement accru des politiques climatiques. Il a également élaboré les premières normes techniques africaines pour les séchoirs solaires destinés à réduire les pertes après récolte.

Des premières historiques au sein des Nations Unies

Le parcours de Richard Munang est jalonné de distinctions inédites. Il devient le premier Africain noir à diriger le Global Environment Monitoring Systems (GEMS) du PNUE, chargé du suivi mondial de la qualité de l’air, de l’eau et des océans.Par la suite, il prend la direction du Programme mondial sur les crimes portant atteinte à l’environnement de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), devenant également le premier Africain noir à occuper cette responsabilité. Sous son impulsion, les preuves scientifiques relatives aux dommages environnementaux sont davantage prises en compte dans les poursuites judiciaires contre les crimes environnementaux.Le recteur de l’Université des Nations Unies et secrétaire général adjoint de l’ONU, le professeur Tshilidzi Marwala, a salué un dirigeant réunissant « une combinaison rare d’excellence académique, de programmation et de mise en œuvre », estimant que son expérience contribuera à renforcer l’action de l’institution sur le continent africain.

Une source d’inspiration pour la jeunesse africaine

Auteur de plus d’une centaine de publications scientifiques, professeur associé à Western University au Canada et reconnu parmi les cinquante principaux leaders mondiaux de la réflexion sur le développement durable, Richard Munang défend depuis plusieurs années une approche liant protection de l’environnement, création d’emplois et développement économique.À travers son initiative EBAFOSA (Ecosystems-Based Adaptation for Food Security Assembly), il mobilise gouvernements, agriculteurs, entreprises et institutions financières afin de promouvoir une agriculture résiliente face aux changements climatiques. Son programme Innovative Volunteerism a, quant à lui, permis à des millions de jeunes Africains de développer des activités économiques dans les domaines des énergies renouvelables, de l’agriculture durable, de la transformation agroalimentaire et du recyclage.En réaction à sa nomination, Richard Munang a déclaré que cette responsabilité appartenait « d’abord à Dieu, puis au Cameroun et à l’Afrique », affirmant sa volonté de promouvoir une gouvernance des ressources naturelles fondée sur la science, des politiques publiques efficaces et des solutions conçues par les Africains pour répondre aux défis du continent.

Au-delà de la réussite individuelle, cette nomination rappelle que l’éducation demeure l’un des plus puissants leviers de transformation sociale. Dans un contexte où de nombreux enfants des régions anglophones du Cameroun restent privés de scolarité en raison de l’insécurité, le parcours de Richard Munang démontre que le savoir, la persévérance et l’engagement peuvent ouvrir les portes des plus hautes responsabilités internationales.

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Myriane Djamegne

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