Le président national du Social Democratic Front (SDF), Joshua Osih, est monté au créneau pour dénoncer l’absence prolongée du président de la République, Paul Biya, hors du territoire national. Lors d’une conférence de presse tenue le 23 juillet, le député a estimé que cette situation plonge le Cameroun dans une incertitude institutionnelle, tout en réaffirmant la détermination de son parti à obtenir la tenue des prochaines élections législatives et municipales dans les délais prévus.
Une absence présidentielle qui alimente les inquiétudes
Parti le 7 juin 2026 pour ce qui avait été présenté par le Cabinet civil comme un « bref séjour privé en Europe », Paul Biya n’a toujours pas regagné le Cameroun après plusieurs semaines d’absence. Une situation qui continue de susciter des interrogations au sein de la classe politique et de l’opinion publique.Pour Joshua Osih, cette longue absence, combinée au silence des autorités, fragilise les institutions. « Un Chef de l’État absent depuis plus de six semaines. Une vice-présidence vacante. Un Cameroun en pilotage automatique, et on ne s’en remet pas à un pilotage automatique dans la tempête », a déclaré le leader du SDF.
L’opposant estime que le président de la République, en tant qu’institution, a le devoir d’informer les citoyens sur sa situation. « D’un point de vue politique, le président de la République devrait informer les Camerounais de ce qui lui arrive à l’étranger, comme il nous a informés lorsqu’il voyageait pour un bref séjour privé. Il est une institution et il nous le doit », a-t-il affirmé.Cette prise de position rejoint les appels formulés par d’autres responsables politiques et acteurs de la société civile, qui réclament davantage de transparence sur la continuité de l’État.
Le SDF refuse tout nouveau report des élections
Au-delà de la question de l’absence présidentielle, Joshua Osih a fait des prochaines échéances électorales l’un des principaux axes de son intervention. Le président du SDF a rejeté toute éventualité d’un nouveau report des élections législatives et municipales.« Nous ne tolérerons aucun report des élections législatives et municipales au Cameroun, quelle qu’en soit la raison », a-t-il déclaré devant la presse.
Cette position intervient alors que le calendrier électoral a déjà connu plusieurs modifications. En février 2026, les autorités avaient annoncé un réaménagement des échéances, avec notamment la prorogation du mandat des députés jusqu’au 20 décembre 2026. Pour le SDF, ces reports successifs compromettent le fonctionnement normal des institutions démocratiques.Le parti insiste également sur la nécessité d’organiser le scrutin dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, malgré le contexte sécuritaire, estimant que tous les citoyens doivent pouvoir exercer leur droit de vote.
Mobilisation des électeurs pour le changement
Joshua Osih a enfin lancé un appel aux Camerounais en âge de voter afin qu’ils s’inscrivent massivement sur les listes électorales avant l’échéance fixée au 31 août 2026.« J’appelle tous les Camerounais en âge de voter qui ne sont pas encore inscrits sur les listes électorales à le faire dès que possible avant la date limite du 31 août 2026 », a-t-il déclaré.Selon le leader du SDF, la participation citoyenne constitue un levier essentiel pour favoriser l’alternance politique. Il a invité les électeurs à soutenir son parti lors des prochaines consultations électorales afin de conquérir davantage de conseils municipaux et de sièges au Parlement.


