Face à la recrudescence des violences faites aux enfants et aux femmes au Cameroun, le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) et le Barreau du Cameroun envisagent de conjuguer davantage leurs efforts.
Une concertation tripartite s’est tenue ce 14 août 2026 dans la salle de conférence du MINPROFF, autour de l’élaboration d’un Mémorandum d’Entente consacré à la promotion et à la protection des droits de l’enfant, de la femme et de la famille.Présidée par le Secrétaire général du MINPROFF, Moussa Aoudou, cette rencontre intervient dans un contexte social marqué par la multiplication de faits préoccupants, notamment les violences sexuelles sur mineurs, les enlèvements et disparitions d’enfants, les féminicides, les infanticides et les cas de vol d’enfants. Des phénomènes qui appellent, selon les participants, une réponse institutionnelle plus coordonnée et efficace.
Un cadre juridique et institutionnel à renforcer
Dans son propos introductif, le Secrétaire général du MINPROFF a rappelé les missions assignées à son département ministériel par le décret n°2012/638 du 21 décembre 2012 portant organisation du ministère. Celui-ci est notamment chargé d’étudier et de proposer les mesures visant à la promotion et à la protection de la femme, de la famille et de l’enfant.C’est dans cette perspective que les trois institutions souhaitent mettre en commun leurs compétences.
Le MINPROFF apporte son expertise en matière de protection de la femme et de la famille, la CDHC son mandat de promotion et de protection des droits humains, tandis que le Barreau du Cameroun pourra contribuer à l’accompagnement et à l’accès à la justice des victimes.
Cette dynamique fait suite à la rencontre tenue le 10 avril dernier entre la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie Thérèse Abena Ondoa, et le président de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun, James Mouangue Kobila. Les échanges avaient notamment permis d’envisager le renforcement de la coopération entre les deux institutions face aux violences affectant les femmes et les enfants.
Vers une convention tripartite contre les violences
La concertation du jour constitue ainsi une étape supplémentaire vers la formalisation d’une collaboration entre le MINPROFF, la CDHC et le Barreau du Cameroun. La future convention tripartite devrait permettre d’intensifier les mécanismes de prévention, de protection et de prise en charge des victimes de violences.
Au-delà de la réponse judiciaire, les parties entendent également renforcer la sensibilisation, l’information des populations sur leurs droits ainsi que l’orientation des victimes vers les mécanismes appropriés de protection et de recours.La mise en place de ce partenariat apparaît donc comme une volonté de mieux coordonner l’action des institutions face aux atteintes aux droits fondamentaux.
Dans un contexte où les violences contre les femmes et les enfants suscitent une préoccupation croissante, la synergie entre acteurs institutionnels, défenseurs des droits humains et professionnels du droit pourrait constituer un levier important pour améliorer la prévention et la lutte contre ces phénomènes au Cameroun.


