Le Ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, Joseph Lé, a présidé ce jeudi 20 août 2026, à Yaoundé, la première session ordinaire pour l’exercice 2026 du Comité de pilotage du projet d’accélération de la sensibilisation numérique et du renforcement des capacités en vue de la transformation du service public au Cameroun. Au cœur des échanges : l’état d’avancement des quatre Smart Campus, le déploiement d’une plateforme de formation en ligne et l’évaluation de la mise en œuvre du plan d’actions 2026.
Les quatre Smart Campus au cœur des préoccupations

Réunis au Club MINFOPRA, les membres du Comité de pilotage ont notamment examiné le niveau d’exécution des travaux de construction des quatre infrastructures retenues dans le cadre du projet. Il s’agit du Ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative (MINFOPRA), de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM), de l’Institut supérieur de management public (ISMP) et de SUP’TIC.
Ces Smart Campus sont appelés à devenir des pôles dédiés à l’innovation, à la formation et au renforcement des compétences numériques des agents publics. Mais les faibles taux d’exécution constatés sur certains marchés de construction ont suscité la fermeté du président du Comité de pilotage.Pour accélérer le chantier, un comité ad hoc a été mis en place. Il devra effectuer des inspections de terrain deux fois par mois afin de suivre de manière rapprochée l’évolution des travaux. Le ministre Joseph Lé a fixé la fin du mois de septembre 2026 comme échéance pour constater une avancée significative. À défaut, des mesures conservatoires et des sanctions réglementaires pourraient être prises.
Le capital humain au centre de la transformation numérique

Au-delà des infrastructures, le gouvernement entend faire du renforcement des compétences numériques un levier essentiel de la modernisation de l’administration.
Le projet, issu de la coopération entre le Cameroun et l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA), vise notamment à améliorer les capacités des agents publics face aux exigences de la transformation digitale.Dans son intervention, Joseph Lé a rappelé que le numérique constitue désormais un facteur déterminant de modernisation et d’efficacité du service public. Cette transition ne saurait toutefois se limiter à l’acquisition d’équipements ou au déploiement de plateformes technologiques.
Elle doit également s’appuyer sur des ressources humaines capables de maîtriser les nouveaux outils et de les intégrer dans les pratiques administratives.La session a ainsi porté sur l’examen et la validation des documents conceptuels du Learning Management System (LMS), ainsi que sur les plans de formation. Cette plateforme doit permettre de développer une formation continue plus accessible, structurée, traçable et adaptée aux besoins des agents publics.
Cap sur 2028 pour consolider les acquis

Les travaux ont également permis de faire le bilan des activités réalisées en 2025 et d’évaluer le plan d’actions prévu pour 2026.
La prolongation du projet jusqu’en juin 2028 ouvre désormais une nouvelle phase consacrée à la consolidation et à la pérennisation des acquis.Pour le Comité de pilotage, l’ambition dépasse la simple construction des Smart Campus. Il s’agit d’accompagner une transformation durable de la culture administrative, notamment à travers une meilleure utilisation de la donnée, l’accélération de la dématérialisation des procédures et l’interopérabilité des systèmes d’information.
À terme, le projet entend contribuer à l’émergence d’une administration publique camerounaise plus agile, plus connectée et davantage orientée vers la performance et la qualité du service rendu aux citoyens. La mise en œuvre effective des infrastructures et des outils numériques dans les prochains mois sera toutefois déterminante pour traduire cette ambition en résultats concrets.


