Le Centre Régional Africain pour le Développement Endogène et Communautaire (CRADEC) entend jouer pleinement son rôle dans l’amélioration de la gouvernance fiscale au Cameroun. Dans cette perspective, son Directeur exécutif, Jean Mballa Mballa, a été reçu en audience, le 19 août 2026, par la Directrice générale des Douanes par intérim, Hélène Elise Etaba Bikoun. Une rencontre qui intervient dans le cadre des consultations préparatoires à l’élaboration de la Loi de finances pour l’exercice 2027.
Cette audience s’inscrit dans le prolongement de la table ronde de haut niveau organisée le 25 juin 2026 par le CRADEC avec les parlementaires du réseau APNIFFT. À l’issue de cette rencontre, une note d’orientations budgétaires consolidées avait été adoptée, mettant notamment l’accent sur la justice fiscale, la transparence, la fiscalité sensible au genre et la lutte contre les flux financiers illicites.
Trois réformes pour renforcer la mobilisation des recettes
Pour traduire ces orientations en actions concrètes, le CRADEC a soumis à la Direction générale des Douanes trois principales propositions de réforme. La première porte sur la création d’un fichier national unique des contribuables grâce à l’interconnexion des bases de données de la Douane, de la Direction générale des Impôts (DGI), de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) et du Guichet unique des opérations du commerce extérieur (GUCE).Le deuxième axe concerne la transparence de l’actionnariat. Le CRADEC préconise une implication accrue de l’administration douanière dans l’alimentation du Registre national des bénéficiaires effectifs, en collaboration avec la DGI et l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF).
L’objectif est notamment d’identifier les véritables propriétaires des entreprises et de mieux lutter contre le recours aux sociétés écrans.La troisième proposition vise à renforcer les contrôles sur les flux financiers transfrontaliers. Une attention particulière devrait être accordée aux secteurs considérés comme particulièrement exposés aux risques de fuite de capitaux, notamment les industries extractives et le secteur forestier.
Vers un partenariat durable entre la Douane et la société civile
La séance de travail entre les deux parties doit permettre à la Direction générale des Douanes d’examiner la faisabilité technique des différentes propositions. Les prochaines consultations devraient également contribuer à définir les modalités d’une collaboration durable entre l’administration douanière et la société civile.À travers cette démarche, le CRADEC entend contribuer à une meilleure sécurisation des recettes publiques et à l’optimisation de la mobilisation des ressources internes. L’enjeu est également de renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques et de réduire les pertes liées à la fraude, à l’évasion fiscale et aux flux financiers illicites.
Créé et enregistré au Cameroun le 22 avril 1996, le CRADEC est une organisation non gouvernementale engagée dans le plaidoyer économique et la promotion du développement endogène et communautaire. Basée à Yaoundé, l’organisation mène notamment des actions en faveur de la justice fiscale, de la transparence dans la gestion des ressources extractives et publiques et de l’amélioration des recettes fiscales.
Le CRADEC est par ailleurs membre de la coalition camerounaise Publish What You Pay, membre fondateur du Tax Justice Network Africa (TJNA) et collabore avec plusieurs partenaires internationaux, dont l’Union européenne et Oxfam.


