Ils sont des milliers à reprendre le chemin de l’école ce lundi 7 septembre 2026 au Cameroun. Dans les grandes villes, les préparatifs se sont accélérés au cours des derniers jours, entre achats de fournitures, inscriptions et réouverture des établissements.
Mais dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, cette rentrée scolaire est accueillie avec beaucoup plus de prudence.Dix ans après le début de la crise anglophone, élèves, parents et enseignants restent confrontés à un environnement marqué par l’insécurité et les perturbations du système éducatif. Entre établissements fermés, déplacements d’enseignants et inquiétudes des familles, l’année scolaire 2026-2027 pourrait une nouvelle fois illustrer les disparités entre les différentes régions du pays.
À Buea et Bamenda, les appels à la « ghost town » inquiètent
Dans les villes de Buea et Bamenda, ainsi que dans plusieurs localités environnantes, la rentrée intervient dans un contexte toujours fragile. Depuis plusieurs années, les groupes séparatistes anglophones imposent le lundi comme journée « ghost town », avec pour objectif de paralyser les activités économiques et sociales dans les zones concernées.À cette consigne désormais bien connue s’est ajouté, à l’occasion de cette rentrée, un appel à une « école morte » lancé par des groupuscules se réclamant de la cause anglophone. Une situation qui nourrit les inquiétudes des parents et des responsables éducatifs.Les autorités administratives et traditionnelles, aux niveaux national et local, ont multiplié les assurances quant aux mesures de sécurité mises en place pour protéger les établissements et leurs occupants. Malgré ces assurances, la méfiance demeure importante au sein de certaines communautés.Le 3 septembre, des témoins ont rapporté avoir entendu des salves de coups de feu à proximité du centre-ville de Buea. Ces détonations ont ravivé les inquiétudes alors que les familles s’apprêtaient à envoyer leurs enfants à l’école.
Au fil des années, la crise a lourdement affecté le secteur éducatif dans les deux régions. Plusieurs établissements ont été contraints de fermer pendant de longues périodes. Dans certaines écoles restées ouvertes, les effectifs ont fortement diminué, tandis que des enseignants ont abandonné leurs postes ou se sont déplacés vers des zones considérées comme plus sûres.
Des familles contraintes de chercher refuge scolaire en zone francophone
Pour de nombreux parents, la principale préoccupation reste la sécurité de leurs enfants. Certains hésitent à les envoyer dans les établissements de leurs localités, redoutant que la situation sécuritaire ne perturbe une nouvelle fois les enseignements.Depuis plusieurs années, des familles ont ainsi fait le choix de scolariser leurs enfants dans les régions francophones du Cameroun. Une stratégie destinée à assurer la continuité de leur éducation, mais qui n’est pas sans conséquences.Ces déplacements scolaires représentent souvent une charge financière importante pour les ménages. Frais de scolarité, logement, transport, fournitures et manuels scolaires viennent alourdir les dépenses familiales. À cela s’ajoutent, dans certaines zones d’accueil, les difficultés liées à la disponibilité des enseignants et aux effectifs parfois importants dans les établissements.
Ainsi, en dépit des efforts déployés pour assurer la reprise des cours, l’accès à une éducation stable demeure un défi majeur dans les régions anglophones. Pour les familles du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, cette rentrée scolaire 2026 ne marque donc pas seulement le retour en classe : elle constitue aussi une nouvelle épreuve dans un contexte où la sécurité continue de conditionner l’avenir scolaire de milliers d’enfants.


