Le gouvernement camerounais, à travers le MINEPDED, la FAO et le Fonds pour l’environnement mondial, a organisé le 29 septembre 2026 à Yaoundé un atelier national de validation du projet « Gestion intégrée des paysages, utilisation durable de la biodiversité et résilience à la sécheresse dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord du Cameroun ». L’initiative prévoit un financement FEM d’environ 3 millions de dollars, complété par des cofinancements portant l’enveloppe globale à plus de 13 millions de dollars.
Restaurer les terres et renforcer la résilience des communautés
La dégradation des terres, l’appauvrissement de la biodiversité et la vulnérabilité des populations face aux changements climatiques constituent des défis majeurs dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord du Cameroun. C’est dans ce contexte que le ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable (MINEPDED), en collaboration avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a réuni les différentes parties prenantes autour de ce projet financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM).L’initiative entend promouvoir une gestion intégrée des paysages, une utilisation durable de la biodiversité et le renforcement de la résilience des communautés face notamment aux sécheresses et aux inondations.
Elle prévoit des interventions dans six communautés des régions concernées, avec pour ambition de restaurer les terres dégradées, préserver la biodiversité et améliorer les moyens de subsistance des populations.« Ce projet est supposé travailler étroitement au niveau des communautés afin de restaurer les terres dégradées, mais également de renforcer la résilience et les moyens de subsistance des populations », a expliqué Antonio Querido, représentant de la FAO.Le projet dispose d’un financement du FEM estimé à 3 millions de dollars américains. Les différents cofinancements provenant d’autres projets et institutions devraient porter le volume total des ressources mobilisées à plus de 13 millions de dollars.
Le MINEPDED appelle à une réponse coordonnée

Dans son allocution de circonstance, le ministre de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable, HELE Pierre, a insisté sur l’importance des ressources biologiques pour les populations et l’économie. Elles constituent notamment une base pour l’alimentation, les processus industriels et pharmaceutiques ainsi que pour le développement socio-économique.
Mais cette richesse naturelle est soumise à des pressions croissantes. Selon le ministre, les tendances actuelles liées à l’appauvrissement de la biodiversité et à la dégradation des terres rapprochent les écosystèmes de seuils critiques susceptibles de réduire considérablement leur capacité à fournir des services essentiels.Face à cette situation, il estime nécessaire d’apporter une réponse coordonnée et d’accorder à ces problématiques une priorité nationale et régionale. La recherche de solutions durables doit notamment permettre de préserver la biodiversité, restaurer les écosystèmes dégradés, assurer une utilisation durable des ressources naturelles et renforcer la résilience des populations face aux effets des changements climatiques.
Le projet constitue, selon le ministre, une opportunité pour améliorer la cohérence des interventions et mieux articuler conservation de la biodiversité, développement local et adaptation au changement climatique.Il s’inscrit notamment dans le cadre de la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes 2021-2030, ainsi que dans celui du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, qui fixe des objectifs à l’horizon 2030 pour enrayer et inverser la perte de biodiversité.
Un document à finaliser avant sa soumission au FEM
L’atelier du 29 septembre avait pour principal objectif d’examiner, de finaliser et de valider le document de projet avec l’ensemble des parties prenantes au niveau national. Les travaux devaient également permettre de présenter la méthodologie ayant guidé son élaboration, d’examiner son contenu et d’intégrer les observations et recommandations des participants.Environ 30 à 40 participants, représentant les institutions gouvernementales, les partenaires au développement, les organisations de la société civile et les experts techniques, ont pris part aux travaux.
Pour Antonio Querido, cette étape doit permettre d’aboutir à un document final suffisamment solide pour être soumis au secrétariat du FEM avant la fin de l’année. Compte tenu de la nature du projet, présenté comme étant de petite envergure, le représentant de la FAO indique espérer une approbation d’ici novembre 2026, avant le démarrage de la mise en œuvre.Conformément à l’approche du FEM, l’exécution du projet sera assurée par les institutions nationales.
La FAO devra notamment canaliser les ressources et accompagner les autorités camerounaises dans la mise en œuvre, en collaboration avec le MINEPDED.Pour HELE Pierre, l’ambition commune est de disposer, au terme du processus de validation, d’un document « solide, cohérent, réaliste et suffisamment ambitieux » pour contribuer durablement à la conservation de la biodiversité, à la restauration des paysages et au renforcement de la résilience des populations du Nord et de l’Extrême-Nord.




