À l’occasion de la Journée internationale de l’accès universel à l’information, célébrée le 28 septembre 2026, la Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) appelle au renforcement de l’accès des citoyens à une information fiable, particulièrement dans un environnement numérique marqué par la circulation croissante de contenus faux ou manipulés.
Placée sous le thème « Préserver l’intégrité de l’information à l’ère numérique : le rôle de l’accès à l’information face au désordre informationnel », cette journée met en lumière les liens entre transparence publique, lutte contre la désinformation et participation citoyenne.
La transparence publique au cœur des préoccupations
La CDHC estime que l’accès rapide et fiable à l’information constitue un moyen important de limiter la désinformation et les rumeurs dans l’espace numérique. Dans sa déclaration du 28 septembre, l’institution relève que les lenteurs ou réticences de certaines administrations à communiquer, sans demande préalable, des informations officielles d’intérêt public peuvent créer des « vides informationnels », rapidement exploités par les spéculations et les rumeurs en ligne.
La Commission appelle ainsi à davantage de transparence proactive de la part des administrations publiques. Elle recommande notamment au ministère de la Communication (MINCOM) de poursuivre la finalisation du cadre législatif général relatif à l’accès universel à l’information et de soumettre le projet de loi correspondant au Parlement.Pour la CDHC, ce futur cadre devrait notamment consacrer la publication des informations d’intérêt public sans demande préalable, définir des procédures claires d’accès à l’information, encadrer strictement les exceptions et prévoir des voies de recours effectives.
Des initiatives pour rapprocher l’information des citoyens
La Commission salue parallèlement les initiatives engagées par les pouvoirs publics et leurs partenaires pour améliorer l’accès à une information fiable. Elle cite notamment la poursuite du Programme national d’extension des radios de proximité, mis en œuvre avec l’appui de l’UNESCO.Ce programme prévoit la création de 40 nouvelles radios communautaires à l’horizon 2030, en complément des 40 stations déjà opérationnelles. L’objectif affiché est notamment de mieux desservir les zones insuffisamment couvertes et de permettre aux populations autochtones d’accéder à des contenus dans leurs langues maternelles.
La CDHC rappelle également que ses bibliothèques spécialisées en droits de l’homme et des peuples, installées au siège et dans ses antennes régionales, sont ouvertes au public et aux chercheurs. Ces espaces donnent notamment accès aux rapports de la Commission, à ses déclarations et communiqués, aux publications du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, aux textes législatifs nationaux ainsi qu’à une importante documentation consacrée à la prévention de la torture.
Le numérique, nouvel enjeu de l’accès universel
L’accès à l’information se pose également avec une acuité particulière dans l’environnement numérique. La Commission souligne que les difficultés persistantes d’accès universel, équitable et effectif à l’information, combinées à la multiplication des informations fausses ou manipulées, peuvent limiter la capacité des citoyens à disposer d’informations fiables et à participer de manière éclairée à la vie publique.Dans ce contexte, la CDHC relève les actions menées par les administrations compétentes pour encadrer et développer l’espace numérique national.
Elle cite notamment le ministère des Postes et Télécommunications (MINPOSTEL), dont les initiatives en matière d’accessibilité numérique ont été illustrées en 2026 par la 5e Semaine de l’innovation numérique.À l’issue de cet événement, le projet InReach, conçu pour rendre les contenus Internet et médias plus accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, a reçu le Prix spécial du Président de la République, le 31 juillet 2026 à Yaoundé.
La Commission rappelle par ailleurs que, sur les 220 recommandations acceptées par l’État à la suite du quatrième cycle de l’Examen périodique universel (EPU) du Cameroun, adopté le 26 mars 2024, deux portent sur le droit d’accès à l’information. Pour la CDHC, leur prise en compte participe aux efforts visant à renforcer l’accès des citoyens à une information fiable et à consolider leur participation à la vie publique à l’ère numérique.




