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Filière crevette : la FAO appelle à consolider les acquis de Fish4ACP au Cameroun

Après cinq ans d’accompagnement, le programme Fish4ACP s’achève au Cameroun avec des avancées dans la gouvernance des pêches, la collecte des données et la valorisation de la crevette.

Lors de la cérémonie de capitalisation organisée le 14 octobre 2026 à Yaoundé, Antonio Querido, représentant de la FAO, a insisté sur la nécessité de pérenniser les acquis pour garantir une filière plus compétitive et durable.Le Cameroun entend capitaliser sur les résultats du programme Fish4ACP pour renforcer durablement sa filière crevette. Lancée en juin 2021, cette initiative arrive à son terme après cinq années d’appui technique et institutionnel. La rencontre de capitalisation organisée le 14 octobre 2026 à Yaoundé marque ainsi une étape importante pour les acteurs de la pêche et de l’aquaculture, appelés à poursuivre les efforts engagés.Prenant la parole à cette occasion, Antonio Querido, représentant de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a souligné que cet événement ne devait pas uniquement servir à dresser le bilan des réalisations, mais également à réfléchir aux moyens de les consolider au bénéfice des générations futures.« Fish4ACP incarne une vision commune : rendre les chaînes de valeur de la pêche et de l’aquaculture plus durables, plus inclusives et plus compétitives », a-t-il indiqué en substance.Mis en œuvre avec le soutien financier de l’Union européenne et du gouvernement allemand, le programme a mobilisé les institutions publiques, les partenaires au développement, les organisations techniques, les producteurs, les transformateurs et les opérateurs privés autour d’un objectif commun : renforcer la filière crevette tout en améliorant les moyens de subsistance des populations et en favorisant une gestion durable des ressources halieutiques.

Des avancées dans la gouvernance et la valorisation de la crevette

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Au cours de sa mise en œuvre, Fish4ACP a contribué au renforcement de la gouvernance des pêches et des systèmes de collecte des données. Le programme a également soutenu l’amélioration des outils numériques, le renforcement des capacités des institutions chargées de la sécurité sanitaire des aliments, ainsi que les investissements dans les infrastructures après capture et les technologies de transformation.Ces interventions visent à établir les bases d’une filière crevette plus efficace, plus transparente et plus compétitive au Cameroun. Elles s’inscrivent dans une démarche qui associe la performance économique à la préservation des ressources et à l’amélioration des conditions de travail des acteurs.Parmi les perspectives prometteuses figure la possibilité d’obtenir une indication géographique protégée (IGP) pour la crevette camerounaise.

Selon Antonio Querido, l’évaluation du potentiel de cette démarche constitue une avancée encourageante. Une telle reconnaissance pourrait renforcer la réputation du produit, améliorer son positionnement sur les marchés et accroître la valeur créée au profit des différents maillons de la chaîne.Le représentant de la FAO a toutefois rappelé que plusieurs étapes restaient à franchir avant une éventuelle certification. Il a également souligné que le bilan du programme ne saurait se limiter aux équipements fournis, aux études réalisées ou aux capacités renforcées. Sa réussite durable devra surtout se mesurer à l’amélioration des conditions de vie des communautés de pêcheurs, à la solidité des institutions, à l’adoption de pratiques de pêche responsables et à la création d’opportunités économiques pour les entreprises camerounaises.

L’appropriation nationale, condition de pérennisation des acquis

Pour Antonio Querido, la poursuite des résultats obtenus dépendra avant tout de l’appropriation nationale. L’évolution de la Plateforme crevette du Cameroun (PLACRECAM) vers une organisation professionnelle représente, à cet égard, une occasion de renforcer la coordination entre les acteurs et d’assurer la continuité des priorités définies dans le cadre du programme.Cette dynamique nécessitera une collaboration constante entre les pouvoirs publics, les organisations professionnelles et le secteur privé. Plusieurs défis restent à relever, notamment l’amélioration de la gestion des pêches, le respect des normes sanitaires, la mise en fonctionnement des instruments élaborés et la poursuite du processus d’indication géographique protégée.Réaffirmant l’engagement de la FAO à accompagner le gouvernement camerounais et ses partenaires, Antonio Querido a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts en faveur d’une pêche et d’une aquaculture durables, tout en renforçant les moyens de subsistance des populations et le développement des chaînes de valeur.« Considérons cet événement non pas comme la fin d’un projet, mais comme le début d’un nouveau chapitre », a-t-il déclaré en substance, appelant les acteurs à faire des acquis de Fish4ACP un levier d’investissement, d’innovation et de coopération.

Au terme de cinq années d’accompagnement, l’enjeu est désormais de transformer les résultats obtenus en mécanismes durables, capables de soutenir la compétitivité de la filière crevette et de garantir une exploitation responsable des ressources halieutiques. Pour le Cameroun, la pérennisation de cet héritage constitue une étape déterminante vers une économie bleue plus résiliente et davantage bénéfique aux communautés qui dépendent de la pêche.

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Myriane Djamegne

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