Au terme de deux années de mise en œuvre, le programme Les Pépites du Cameroun affiche un bilan marqué par l’accompagnement de 500 jeunes, la formation d’éducateurs socio-sportifs et la rénovation de 20 infrastructures sportives. La cérémonie organisée du 14 au 15 octobre 2026 à l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS), à Yaoundé, permettra de mettre en lumière les acquis, mais aussi les défis liés à la pérennisation de cette initiative.Faire du sport un levier d’éducation, d’inclusion et d’insertion professionnelle : c’est l’ambition du programme Les Pépites du Cameroun, lancé le 13 septembre 2024 à la mairie de Douala-Bonapriso.
Porté par les associations Jeunesse, Art, Culture, Sport et Mémoire (JACSM) et Serge Betsen Academy, avec le soutien du Fonds Équipe France et de l’ambassade de France au Cameroun, le programme a accompagné des jeunes à travers des activités sportives, des causeries éducatives et des formations professionnelles.La cérémonie de clôture et de capitalisation du 14 octobre 2026 a réuni plusieurs responsables institutionnels et acteurs du mouvement sportif, parmi lesquels le Dr Samuel Mbouh, représentant du directeur de l’INJS, Serge Betsen Tchoua, parrain de la deuxième promotion des Pépites du Cameroun, ainsi que Paul Antoine, attaché de coopération auprès du service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France au Cameroun.Pour Armel Guegaba Adiang, président de la JACSM, cette étape appelle à la fois à la gratitude envers les partenaires, à la fierté face au chemin parcouru et à la responsabilité de préserver les acquis. « La clôture d’un programme ne doit jamais signifier la fin d’une ambition », a-t-il souligné, rappelant que chaque jeune, quels que soient son genre, sa situation sociale ou son handicap, doit pouvoir accéder à la formation, à l’épanouissement et à l’emploi.
500 jeunes accompagnés, avec une attention particulière aux publics vulnérables
Selon le bilan présenté par les responsables du programme, 500 jeunes ont bénéficié d’un accompagnement visant leur insertion socioprofessionnelle, parmi lesquels 80 % de filles et de femmes vulnérables ainsi que 15 personnes en situation de handicap. Les stages professionnels ont constitué un volet important du dispositif, avec 120 bénéficiaires durant la première année et 295 au cours de la deuxième année.
L’objectif était de permettre aux jeunes d’acquérir des compétences pratiques, de découvrir le monde du travail et d’améliorer leurs perspectives d’emploi. Le programme a également formé 41 éducateurs et éducatrices socio-sportifs à l’École des métiers des sports de l’INJS. Parmi ces personnes formées, 20 ont été recrutées par des associations sportives partenaires et 17 ont été mobilisées comme moniteurs d’éducation physique et sportive dans des établissements secondaires.
Sur le plan des infrastructures, 16 terrains de basketball, deux terrains de handball et deux espaces dédiés au rugby ont été rénovés dans des établissements scolaires et des espaces universitaires. Le programme a ainsi associé la formation des jeunes à l’amélioration de leur environnement de pratique sportive.Les activités ont reposé sur trois axes principaux : les activités de terrain, notamment le basketball, les causeries éducatives et les formations complémentaires. Cette approche entend faire du sport un outil d’apprentissage, de sensibilisation et de développement personnel, au-delà de la seule performance sportive.
Des difficultés qui soulignent les limites de l’accompagnement
Malgré les résultats annoncés, plusieurs obstacles ont marqué la mise en œuvre du programme. Armel Guegaba Adiang a notamment évoqué la précarité de certains bénéficiaires, qui a compliqué l’atteinte de tous les objectifs, ainsi que les moyens limités des Centres multifonctionnels de promotion des jeunes (CMPJ) et des Centres de promotion de la femme et de la famille (CPFF) pour assurer le suivi des jeunes.Le partenariat envisagé avec le Fonds national de l’emploi (FNE) n’a pas non plus été finalisé durant la période du programme. Cette difficulté met en évidence l’importance de renforcer les passerelles entre les formations proposées, les dispositifs publics d’emploi et les besoins des entreprises.
Pour autant, les responsables se disent satisfaits du niveau d’autonomie atteint par une grande partie des bénéficiaires. Jean Éric Sendé, fondateur de la JACSM, a insisté sur la portée des résultats obtenus, soulignant que plusieurs jeunes ont effectué des stages, tandis que d’autres ont pu accéder à des emplois en entreprise ou dans des établissements scolaires.Il a également exprimé le souhait de voir le gouvernement camerounais reprendre ce type d’initiative afin d’en assurer la continuité. Concernant le partenariat avec le FNE, il a évoqué la perspective d’une sélection de profils en fonction des emplois disponibles, une démarche qui pourrait rapprocher davantage les bénéficiaires des opportunités professionnelles.
Pérenniser les acquis pour prolonger l’impact du sport
Au-delà du bilan, la rencontre de Yaoundé visait à identifier des solutions concrètes pour préserver les acquis et assurer la continuité de l’accompagnement. Le renforcement des partenariats entre les institutions publiques, les associations et les acteurs économiques apparaît comme un enjeu majeur pour consolider les résultats obtenus.Le témoignage de Tapoule Tsafack, bénéficiaire du pôle de Ngoa-Ekélé, illustre l’impact du programme sur certains parcours individuels.
Celle-ci explique que Les Pépites du Cameroun a pris en charge sa pension durant ses deux années d’études à l’INJS et lui a permis de s’initier à la pratique du basketball. Il évoque également les perspectives de formation à d’autres métiers, notamment la conduite d’engins et la couture.S’il reconnaît que les débuts dans la pratique du basketball ont été difficiles, il affirme avoir progressé avec le temps et souhaite poursuivre cette discipline. Son témoignage rappelle que l’accompagnement des jeunes ne se limite pas à l’accès à une formation : il contribue aussi à développer la confiance en soi, la persévérance et le sentiment d’appartenance.Au terme de deux années d’activités, Les Pépites du Cameroun laisse ainsi des acquis en matière de formation, d’encadrement sportif et d’insertion. Le défi est désormais de transformer ces résultats en opportunités durables, grâce à un suivi renforcé des bénéficiaires, à des partenariats opérationnels et à une meilleure articulation entre sport, formation et emploi.


