21 octobre 2026
Thème : « Assurer la disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 »
La Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) souligne que la Journée africaine des droits de l’homme et des peuples (JADHP) embrasse l’ensemble des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, qu’ils soient individuels ou collectifs, consacrés par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (ChADHP). Elle met également en lumière la complémentarité et l’indivisibilité de ces droits dans la construction d’un État de droit fondé sur la dignité humaine, la justice sociale et la solidarité africaine.La Commission insiste particulièrement sur le droit inaliénable à l’eau potable et à l’assainissement, piliers indispensables de la préservation de la santé publique et de la dignité de chaque citoyen, conformément au thème retenu par l’Union africaine (UA) pour l’année 2026 : « Assurer la disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 ».La Commission rappelle que l’accès à l’eau potable et à l’assainissement ne saurait être réduit à un simple objectif de développement ou d’infrastructures. Il relève des droits fondamentaux, constitue un pilier de la dignité humaine et appelle des mesures de diligence appropriées pour préserver la vie face aux défis sanitaires et environnementaux.
À l’occasion du 45ᵉ anniversaire de l’adoption et du 40ᵉ anniversaire de l’entrée en vigueur de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, la Commission invite chaque acteur public et privé à prendre, dans son domaine d’intervention, des mesures concrètes en faveur de la réalisation effective de ces droits, afin de contribuer à la justice sociale et à l’atteinte des objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.La Commission salue la tenue, le 28 avril 2026 à Yaoundé, sous la présidence de Chief Dr Joseph Dion Ngute, Premier ministre, chef du Gouvernement, d’une réunion interministérielle consacrée à l’évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre des recommandations issues du quatrième cycle de l’Examen périodique universel (EPU).
Au cours de cette réunion, les membres du Gouvernement ou leurs représentants ont présenté, secteur par secteur, les mesures prises et celles restant à mettre en œuvre au titre des 220 recommandations acceptées par le Cameroun sur les 291 formulées en 2023. Ces recommandations s’inscrivent dans une feuille de route triennale couvrant la période 2026-2028. Leur mise en œuvre comprend des mesures relatives aux droits civils et politiques, aux droits économiques, sociaux et culturels, ainsi qu’aux droits individuels et collectifs.La Commission salue également la mise en œuvre, depuis l’entrée en vigueur de la loi de finances pour l’exercice 2026, de mesures douanières incitatives en faveur des personnes en situation de handicap.
Ces mesures prévoient notamment l’exonération des droits et taxes de douane à l’importation des équipements, matériels et véhicules spécialement conçus ou adaptés à leurs besoins, lorsque ceux-ci sont importés par les titulaires d’une carte d’invalidité délivrée par le ministère des Affaires sociales (MINAS) ou par les centres spécialisés agréés de prise en charge de cette catégorie de personnes vulnérables.Ces dispositions sont conformes à l’alinéa 1er de l’article 8 de la loi n° 2025/012 du 17 décembre 2025 portant loi de finances de la République du Cameroun pour l’exercice 2026.La liste des biens concernés et les modalités d’éligibilité à cette exonération, dont la fixation par un acte du ministre des Finances après concertation avec le MINAS est prévue à l’alinéa 2 du même article, ont été précisées respectivement par la circulaire n° 00000203/MINFI/DGD du 12 février 2026 et par la section IV de la circulaire n° 410/MINFI/DGD du 18 mai 2026.La Commission attire particulièrement l’attention sur les conséquences disproportionnées des insuffisances de l’approvisionnement en eau potable et de l’assainissement pour les femmes et les filles.
Ces insuffisances entraînent notamment des risques pour leur santé, des difficultés dans la gestion de l’hygiène menstruelle, des atteintes à leur intimité et à leur dignité, ainsi qu’une exposition aux violences lors de la collecte de l’eau et de l’accès aux installations sanitaires.La Commission souligne également que la charge de la collecte et du transport de l’eau, ainsi que l’alourdissement des tâches domestiques et de soins qui en résultent, compromettent la scolarité des filles et limitent les possibilités d’activité rémunérée et l’autonomie économique des femmes.En conséquence, la Commission recommande d’intégrer systématiquement une approche fondée sur l’égalité de genre dans la conception et la mise en œuvre des politiques et infrastructures d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement. Elle préconise également de garantir la participation effective des femmes aux mécanismes de décision et de gestion des ressources hydriques.
La Commission recommande spécifiquement au Gouvernement de renforcer durablement les mécanismes de prévention et de règlement pacifique des conflits agropastoraux, avec la participation effective des agriculteurs, des éleveurs et des autorités locales.Cette démarche devrait associer des systèmes d’alerte précoce, le dialogue et la médiation à la gestion concertée des espaces agricoles et pastoraux, à la délimitation et à la sécurisation des couloirs de transhumance, à la protection des cultures et du bétail, ainsi qu’à l’accès équitable aux points d’eau et aux pâturages.La Commission recommande également au Gouvernement de garantir aux personnes lésées l’accès à des recours effectifs et à une réparation juste et équitable des préjudices subis.Par ailleurs, la Commission recommande spécifiquement aux communes bénéficiaires de veiller à une utilisation efficace et transparente de l’enveloppe globale de 8,5 milliards de francs CFA transférée en 2026 par le ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE) pour l’alimentation en eau potable.Cette enveloppe doit contribuer à améliorer durablement la desserte des populations, en accordant la priorité aux localités les moins bien desservies.
La Commission recommande aux communes bénéficiaires de garantir la qualité des ouvrages et leur mise en service effective, de prévoir les moyens nécessaires à leur maintenance et de rendre régulièrement compte de l’utilisation des ressources ainsi que des résultats obtenus.Elle les invite également à associer effectivement les femmes à la planification, à la gestion et au suivi des projets, et à prendre en compte les besoins spécifiques des femmes et des filles dans le choix de l’emplacement des points d’eau et dans la détermination de leurs modalités d’accès.Ces mesures doivent permettre d’alléger la charge liée à la collecte de l’eau, de réduire les risques auxquels les femmes et les filles sont exposées et de contribuer à une gestion de l’hygiène menstruelle dans des conditions respectueuses de leur santé, de leur intimité et de leur dignité.
La Commission salue les efforts constants des pouvoirs publics et de leurs partenaires visant à renforcer la réalisation des droits de l’homme et des peuples au Cameroun, conformément au thème central de l’Union africaine pour l’année 2026 et dans le contexte de la célébration du 45ᵉ anniversaire de l’adoption et du 40ᵉ anniversaire de l’entrée en vigueur de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.Ces efforts comprennent notamment la poursuite du processus d’élaboration du projet de loi relatif à la lutte contre les violences basées sur le genre.L’évolution de ce texte a été évoquée le 7 octobre 2026, à l’occasion d’une audience entre le ministère de la Promotion de la femme et de la famille (MINPROFF) et l’ambassadrice de l’Union européenne au Cameroun. À cette occasion, il a été indiqué que le projet de loi se trouvait à la Présidence de la République, en vue de son éventuelle transmission au Parlement.Enfin, la Commission rappelle les actions qu’elle a menées ainsi que celles auxquelles elle a participé pour consolider la promotion et la protection des droits de l’homme et des peuples au Cameroun.
Elle évoque notamment l’enquête de proximité menée le 5 juin 2026 par l’antenne régionale de la CDHC pour le Littoral à Dehane et à Apouh-à-Ngong, dans l’arrondissement d’Édéa Ier, à la suite de la saisine de l’Association des femmes riveraines d’Édéa (AFRISE).Cette saisine portait sur des atteintes alléguées aux droits fonciers, culturels et environnementaux des populations concernées, en lien avec les activités de la Société camerounaise de palmeraies (SOCAPALM).Par une correspondance datée du 10 juin 2026 et adressée au gouverneur de la région du Littoral, l’antenne régionale de la CDHC a recommandé la suspension des opérations de replantation à proximité des habitations et des sépultures, ainsi que la levée des obstacles entravant la circulation et l’accès aux cours d’eau.
COMMISSION DES DROITS DE L’HOMME DU CAMEROUN
(CDHC)#CHRC#CDHC#1523



