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Droits des filles : le Cameroun prépare un agenda national pour 2027-2030

Le Cameroun franchit une nouvelle étape dans la structuration de sa politique de promotion des droits des filles. À Douala, l’atelier de co-construction de l’Agenda national pour les droits des filles, organisé par le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), avec l’accompagnement technique et financier de l’UNICEF, s’est achevé vendredi 23 octobre 2026, après cinq jours de concertation. Au-delà de l’élaboration d’un document stratégique, l’enjeu est désormais de transformer les priorités identifiées en engagements concrets, assortis de ressources financières et de mécanismes de suivi.

La rencontre a réuni des représentants des administrations sectorielles, de la société civile, des experts ainsi que des représentantes des filles. Cette diversité des participants traduit la volonté de construire une politique qui ne se limite pas aux orientations institutionnelles, mais qui intègre également les besoins exprimés par les principales concernées. L’ambition est de faire de cet agenda un instrument de coordination de l’action publique en faveur des filles sur la période 2027-2030.

Six priorités pour répondre aux défis des filles

Les travaux ont permis de consolider les orientations autour de six axes majeurs : l’éducation, la protection, la santé, l’autonomisation économique, la participation et le leadership, ainsi que l’inclusion, l’équité et les ressources. Ces priorités couvrent des dimensions complémentaires du développement des filles, depuis l’accès aux services essentiels jusqu’à leur capacité à participer aux décisions qui affectent leur avenir.L’approche retenue témoigne d’une volonté d’aborder les droits des filles dans leur globalité.

L’éducation et la santé constituent des leviers essentiels de leur épanouissement, tandis que la protection vise à mieux prendre en compte les risques auxquels elles peuvent être exposées. L’autonomisation économique, la participation et le leadership renvoient, quant à eux, à la nécessité de renforcer leur capacité d’action et leur place dans la société.Toutefois, la définition de priorités ne suffit pas à garantir des avancées concrètes. Les discussions de Douala ont ainsi porté sur l’identification des actions prioritaires, la définition d’indicateurs de suivi, les mécanismes de financement et la redevabilité des acteurs.

Ces éléments seront déterminants pour apprécier les progrès réalisés et identifier les éventuels retards dans la mise en œuvre des engagements.La participation des filles aux décisions qui les concernent constitue également un enjeu central. Leur présence dans le processus de concertation représente une avancée dans la prise en compte de leur parole. Le défi sera de maintenir cette participation au-delà de l’atelier, en leur donnant une place effective dans les mécanismes de suivi et d’évaluation de l’agenda.

Du document stratégique à des engagements mesurables

L’objectif affiché est de disposer d’un agenda national concret, inclusif et budgétisé pour la période 2027-2030. Cette exigence de budgétisation est particulièrement importante : sans ressources clairement identifiées, les engagements risquent de rester au stade des intentions. La mobilisation des administrations sectorielles et la coordination de leurs interventions seront donc essentielles pour assurer la cohérence de l’action publique.Le calendrier annoncé prévoit plusieurs étapes avant l’adoption du document. La préparation d’un déjeuner d’engagement des ministres sectoriels est prévue le 12 novembre 2026, avant un dialogue de haut niveau.

Le projet d’agenda doit ensuite être soumis le 8 décembre 2026, en prélude à sa validation politique.Ces échéances doivent permettre de consolider l’adhésion des responsables publics aux orientations retenues. Elles constituent aussi un test de la capacité des institutions concernées à traduire les résultats de la concertation en responsabilités clairement définies, en financements mobilisables et en objectifs vérifiables.Au fond, la portée de cet agenda dépendra moins de la qualité de ses formulations que de sa capacité à produire des changements tangibles dans la vie des filles. L’accès à l’éducation et aux soins, le renforcement de la protection, les possibilités d’autonomisation et la participation aux décisions devront pouvoir être évalués à partir de résultats concrets.

Pour le MINPROFF et ses partenaires, l’enjeu est donc de faire de la période 2027-2030 un cadre d’action cohérent, dans lequel chaque priorité sera associée à des mesures opérationnelles et à des mécanismes de responsabilité. La validation politique annoncée ne constituera qu’une étape : la réussite de l’Agenda national dépendra surtout de son appropriation par les acteurs concernés et de sa traduction effective en politiques publiques.

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Myriane Djamegne

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