Au Cameroun, l’accès à l’acte de naissance demeure un défi pour de nombreuses familles, particulièrement dans les zones rurales où l’éloignement des services administratifs, les contraintes financières et les procédures judiciaires compliquent l’enregistrement des enfants. Face à cette réalité, le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) entend renforcer son implication dans les initiatives visant à garantir le droit à l’identité.
Le 4 novembre 2026, à Yaoundé, la ministre Marie-Thérèse ABENA ONDOA, née OBAMA, a reçu une délégation du Réseau des femmes élues locales d’Afrique, section Cameroun (REFELA-CAM), conduite par sa présidente, Marie Angèle Meyanga Noah, née Ngah. Au centre de cette audience : la mise en place d’un partenariat stratégique pour faciliter l’établissement d’environ 5 000 actes de naissance dans les régions du Sud et du Centre.Cette initiative, soutenue depuis mai 2026 par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), ambitionne de répondre à une problématique qui dépasse la simple formalité administrative. L’absence d’acte de naissance prive en effet les enfants d’une reconnaissance juridique de leur identité et peut constituer un obstacle à l’exercice de plusieurs droits fondamentaux, notamment l’accès à l’éducation et aux services publics.
L’acte de naissance, un enjeu majeur de protection des droits de l’enfant
L’obtention d’un acte de naissance représente un préalable essentiel à l’inclusion sociale et administrative des enfants. Pourtant, dans certaines communautés rurales, de nombreuses familles se heurtent à des difficultés pour déclarer les naissances dans les délais légaux ou régulariser les situations des enfants non enregistrés. Les frais liés aux procédures judiciaires, les distances à parcourir et les délais de traitement constituent autant de facteurs qui entretiennent cette exclusion administrative.
C’est précisément sur ces obstacles que REFELA-CAM entend agir à travers son projet. En ciblant environ 5 000 actes de naissance dans les régions du Centre et du Sud, l’organisation souhaite rapprocher les services d’état civil des populations et renforcer les mécanismes de sensibilisation communautaire. La stratégie envisagée repose notamment sur des campagnes de proximité, des actions de communication et la mobilisation des acteurs institutionnels concernés, dont le MINPROFF et CAMOEC/COSEC.La démarche traduit également une volonté de responsabiliser davantage les collectivités territoriales décentralisées dans la promotion du droit à l’identité. En effet, les communes occupent une place stratégique dans le fonctionnement du système d’état civil. Leur implication, associée à celle des organisations féminines et des administrations compétentes, pourrait contribuer à identifier les enfants non enregistrés et à faciliter leur régularisation.
Le partenariat institutionnel, une réponse aux obstacles de l’état civil
En accueillant favorablement cette initiative, Marie-Thérèse ABENA ONDOA a réaffirmé la disponibilité de son département ministériel à accompagner les actions contribuant à la protection des droits des femmes et des enfants. La ministre a rappelé les mécanismes déjà mis en place par le gouvernement pour soutenir les communes dans la délivrance des actes de naissance, tout en reconnaissant la persistance de difficultés sur le terrain.
Parmi celles-ci figurent notamment les charges financières liées aux procédures devant les juridictions et les lenteurs dans le traitement des dossiers. Ces contraintes révèlent les limites d’une approche exclusivement administrative de la question et soulignent la nécessité d’une meilleure coordination entre les services d’état civil, les collectivités territoriales et les administrations judiciaires.Dans cette perspective, la ministre a encouragé REFELA-CAM à poursuivre ses démarches auprès du ministère de la Justice. Le rapprochement des services administratifs et judiciaires des communautés apparaît en effet comme une condition importante pour faciliter les procédures de reconstitution des actes de naissance et réduire les difficultés rencontrées par les familles.
En promettant de prendre part à la cérémonie officielle de lancement du projet et en assurant ses promoteurs du soutien du MINPROFF, la ministre donne un signal favorable à cette dynamique de coopération. Reste désormais à traduire cet engagement institutionnel en résultats concrets sur le terrain. Car au-delà de l’objectif de 5 000 actes de naissance, l’enjeu est celui d’un accès plus équitable à l’identité juridique, condition indispensable à la protection et à l’inclusion de chaque enfant dans la société camerounaise.



