Le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative a lancé, le 22 octobre 2026 à Bafoussam, un atelier national de renforcement des capacités des utilisateurs du progiciel AIGLES. Organisée en synergie avec le ministère des Finances, cette formation de deux jours vise à améliorer la gestion des carrières et de la solde des agents publics grâce à la maîtrise de l’outil numérique et à la déconcentration des services administratifs.La modernisation de l’administration publique camerounaise franchit une nouvelle étape. Le jeudi 22 octobre 2026, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (MINFOPRA), Joseph Lé, a présidé à l’Hôtel de Ville de Bafoussam, dans la région de l’Ouest, la cérémonie officielle de lancement de la formation nationale des utilisateurs de l’Application informatique de gestion logique des effectifs et de la solde (AIGLES).
Organisé en collaboration avec le ministère des Finances (MINFI), cet atelier se tient les 22 et 23 octobre 2026. Il s’inscrit dans la dynamique de modernisation de l’administration publique et de rapprochement des services de l’État des usagers, conformément aux orientations du chef de l’État, Paul Biya.La cérémonie de Bafoussam a réuni les autorités administratives et municipales, les responsables des ressources humaines ainsi que les acteurs de la chaîne de gestion des carrières et de la solde. Le gouverneur de la région de l’Ouest, Awa Fonka Augustine, a notamment accueilli le membre du gouvernement à son arrivée.
AIGLES, un outil au cœur de la modernisation administrative

Pour donner à cette initiative une portée nationale, les travaux ont été retransmis en visioconférence dans les neuf autres chefs-lieux de région, à savoir Yaoundé, Douala, Garoua, Maroua, Ngaoundéré, Bamenda, Buea, Ebolowa et Bertoua.
Ce dispositif permet aux personnels concernés de suivre simultanément les formations et de renforcer leurs compétences sans avoir à se déplacer systématiquement vers la capitale.Lors de son allocution, Joseph Lé a souligné les exigences liées à la transformation numérique du service public. « La modernisation de l’administration publique ne saurait se limiter à la simplification des procédures. Elle exige également des outils adaptés, des mécanismes de gestion plus performants et une meilleure maîtrise des informations », a-t-il déclaré.À travers AIGLES, le MINFOPRA entend notamment améliorer la gestion des informations relatives aux agents publics, sécuriser les données administratives et financières et renforcer l’efficacité du traitement des dossiers. L’appropriation de cet outil par les personnels constitue ainsi un enjeu majeur pour assurer une utilisation optimale du système dans les services centraux et déconcentrés.
Réduire les déplacements et les délais de traitement des dossiers

Au-delà de la maîtrise technique du progiciel, la formation vise à rapprocher concrètement l’administration de ses usagers. L’objectif est de permettre aux services régionaux de mieux prendre en charge les préoccupations des agents publics, notamment celles liées aux avancements, aux actes administratifs et à leur situation salariale.Pour illustrer les difficultés rencontrées par les fonctionnaires lorsque les services compétents sont éloignés de leur lieu d’affectation, le ministre a évoqué le cas de M. Kamdem, un instituteur de la région de l’Ouest confronté à un retard d’avancement.
Auparavant, la résolution de ce type de problème pouvait l’obliger à effectuer un déplacement jusqu’à Yaoundé, avec les dépenses et les contraintes professionnelles que cela implique. Une démarche parfois longue, ponctuée de multiples passages dans les bureaux administratifs, sans garantie de résolution rapide.« Lorsque l’administration est éloignée de l’agent public, c’est souvent ce dernier qui supporte le coût de la distance, des lenteurs et de la complexité des procédures. C’est précisément à ce défi que la transformation numérique doit apporter une réponse », a souligné Joseph Lé.Cette orientation traduit la volonté de réduire les déplacements coûteux des fonctionnaires, de limiter les lenteurs administratives et de faciliter l’accès aux informations relatives à leur carrière. Elle suppose toutefois une appropriation effective de l’outil par les utilisateurs et une capacité opérationnelle suffisante des services déconcentrés.
Des exercices pratiques pour renforcer l’autonomie des services régionaux

La première journée de formation a accordé une place importante aux démonstrations pratiques et aux simulations réalisées simultanément dans les dix régions du pays. Les participants ont été initiés aux différentes fonctionnalités du système, notamment à la consultation et au suivi des dossiers des agents publics.Les exercices ont particulièrement porté sur le suivi de l’évolution des dossiers, la vérification des actes signés électroniquement et le contrôle du statut d’alignement à la solde. Ces opérations doivent permettre aux gestionnaires de mieux renseigner les usagers et d’assurer un suivi plus efficace des démarches administratives.
Grâce à ces mises en situation, les délégations régionales sont appelées à renforcer leur rôle de proximité auprès des fonctionnaires. L’ambition est de leur donner davantage d’autonomie dans le traitement et le suivi des dossiers, tout en améliorant la circulation de l’information entre les différents niveaux de l’administration.Pour le MINFOPRA, l’efficacité d’AIGLES dépendra donc autant de ses performances technologiques que de la capacité des personnels à en maîtriser les fonctionnalités et à les intégrer dans leurs pratiques quotidiennes.
Au terme des deux jours de travaux, l’enjeu sera de traduire les compétences acquises en améliorations concrètes pour les agents publics : des informations plus accessibles, des démarches simplifiées et des délais de traitement mieux maîtrisés. Une évolution qui place la transformation numérique au service de la qualité du service public et des droits des personnels de l’État.


