Le Projet d’alimentation en eau potable de neuf villes du Cameroun – Phase 2 poursuit son déploiement. Réunis le jeudi 10 septembre 2026 à Yaoundé, les membres du Comité de Pilotage ont dressé un bilan jugé satisfaisant de l’état d’avancement des travaux, tout en identifiant les derniers obstacles à lever avant la mise en service des infrastructures
.La troisième session du Comité de Pilotage s’est tenue dans la salle de réunions de l’Hôtel United de Yaoundé, sous la présidence du Directeur général de la CAMWATER, Dr Blaise Moussa, également président du Comité de Pilotage. La rencontre a réuni les représentants du ministère de l’Eau et de l’Énergie, du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, de la Caisse autonome d’amortissement, ainsi que les partenaires techniques et financiers et les entreprises impliquées dans l’exécution du projet.
Financé conjointement par EximBank of China et l’État du Cameroun, et exécuté par CGCOC Group sous la maîtrise d’ouvrage de la CAMWATER, ce projet concerne cinq villes : Maroua, Garoua, Garoua-Boulaï, Yabassi et Dschang.
84,25 % de réalisation pour 83,46 % des délais consommés
Les données présentées au cours de la session font état d’un taux d’avancement physique global de 84,25 %, pour une consommation des délais estimée à 83,46 %. Une progression qui traduit l’entrée du projet dans une phase avancée de son exécution.Dans le détail, Maroua affiche le niveau d’avancement le plus élevé, avec 91 %. La ville doit notamment bénéficier de sept nouveaux forages, d’un réservoir surélevé de 5 000 m³ et de 78,6 km de réseau.
À Garoua, le taux d’exécution atteint 90 %, avec huit nouveaux forages, quatre forages réhabilités, deux châteaux d’eau et 99,1 km de réseau.Le chantier est exécuté à 80 % à Garoua-Boulaï, où sont prévus une station de traitement, un château d’eau de 1 000 m³ et 28,8 km de réseau. Yabassi affiche 71 % d’avancement, avec notamment un captage en rivière, une station de traitement, un château d’eau de 100 m³ et 18,7 km de réseau.À Dschang, le niveau d’exécution est de 70 %. Les travaux comprennent une station de traitement d’une capacité de 7 000 m³ par jour, un château d’eau de 1 500 m³ et 24,65 km de réseau.À terme, les infrastructures doivent permettre une production supplémentaire de 42 700 m³ d’eau potable par jour, une capacité de stockage de 10 100 m³ et l’extension des réseaux sur plus de 250 km.
Un projet qui intègre les enjeux sociaux et environnementaux
Le volet infrastructurel s’accompagne d’un Plan de gestion environnementale et sociale (PGES) destiné à renforcer les retombées du projet pour les communautés locales et à limiter son impact environnemental.
Des ouvrages sociaux de proximité sont ainsi réalisés, notamment des forages à motricité humaine à Garoua, Maroua, Yabassi et Garoua-Boulaï. À Dschang, la construction de blocs de classes au profit des communautés locales figure également parmi les actions prévues.Le projet prévoit en outre des campagnes de reboisement ainsi que la création d’emplois locaux sur les différents sites d’intervention.
Parallèlement, les travaux de raccordement électrique progressent avec un taux d’exécution de 67 %. Ils portent notamment sur les postes cabines, les transformateurs et les lignes moyenne et basse tension nécessaires au fonctionnement des installations hydrauliques.

Objectif : achever les travaux et lancer les mises en service
Si le bilan présenté est encourageant, plusieurs défis doivent encore être résolus pour respecter l’échéance fixée à fin février 2027. La mobilisation des ressources financières figure parmi les principales priorités. Il s’agit notamment d’accélérer le paiement des décomptes et des contributions de l’État afin de maintenir le rythme d’exécution.
À Garoua-Boulaï, les questions liées au captage nécessitent encore la finalisation des démarches administratives et techniques auprès d’EximBank of China, ainsi que la poursuite du dialogue avec les riverains.L’extension des réseaux de distribution complémentaires constitue également un enjeu majeur dans cette ville. La recherche de financements additionnels doit permettre de valoriser pleinement la production attendue de 1 800 m³ d’eau par jour.
À l’issue de la session, le Comité de Pilotage a formulé des recommandations à l’endroit de l’entreprise adjudicataire, de la mission de contrôle et des équipes du projet. Elles portent notamment sur l’accélération du traitement des derniers points techniques, la finalisation des essais d’étanchéité et de pression et la préparation de mises en service progressives dans les différentes villes bénéficiaires.Avec un taux d’avancement global supérieur à 84 %, le projet entre ainsi dans sa dernière ligne droite. L’enjeu est désormais de transformer ces avancées en mise à disposition effective d’une eau potable de qualité pour les populations de Maroua, Garoua, Garoua-Boulaï, Yabassi et Dschang.




