Le Ministère des Travaux Publics du Cameroun (MINTP) amorce un tournant majeur dans la gestion du réseau routier national. Réunis le 14 avril 2026 à Yaoundé, les acteurs du secteur ont pris part à un atelier stratégique présidé par le ministre Emmanuel Nganou Djoumessi. L’objectif : repenser en profondeur les méthodes d’entretien des routes à travers une approche plus anticipative, basée sur le diagnostic et la prévention.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une étude en cours menée par le groupement EGIS Cameroun / MESNO, avec l’appui financier de la Banque mondiale.
Passer du curatif au Préventif
Face à l’expansion rapide du réseau routier, impulsée par le président Paul Biya, les défis liés à la durabilité des infrastructures deviennent de plus en plus pressants.
Dans son allocution, le ministre a insisté sur la nécessité de rompre avec une logique d’entretien curatif, souvent coûteuse et tardive, au profit d’une maintenance préventive mieux planifiée.Cette nouvelle orientation vise à anticiper les dégradations, prolonger la durée de vie des routes et optimiser les ressources financières mobilisées.
Un réseau étendu, mais encore fragile

Le Cameroun dispose aujourd’hui d’un réseau routier estimé à 121 873 kilomètres, l’un des plus vastes du continent africain. Toutefois, ce patrimoine reste largement dominé par les routes en terre. Au 31 décembre 2025, seuls 10 939,92 km, soit 8,98 % du réseau, sont bitumés, contre plus de 110 000 km de routes non revêtues.
À mi-parcours de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND-30), des progrès ont été enregistrés, notamment avec le bitumage de 2 441,11 km de routes, dépassant l’objectif initial de 1 800 km. Mais ces avancées accentuent en parallèle les besoins en entretien et en gestion durable.
Des recommandations pour un système plus efficace

Les échanges entre le MINTP et les différents partenaires ont permis de dégager plusieurs pistes d’amélioration. Parmi les principales recommandations figurent :le renforcement du financement dédié à l’entretien routier ;le contrôle accru des charges à l’essieu afin de limiter la dégradation des chaussées ;l’amélioration de l’accès des entreprises locales aux marchés publics ;la professionnalisation du secteur à travers la formation et le renforcement des capacités.Les participants ont également insisté sur l’importance de la digitalisation, notamment des stations de pesage, ainsi que sur le développement d’outils modernes d’aide à la décision.
Une ambition : un réseau durable et performant

En clôturant les travaux, le ministre des Travaux publics a appelé à une mobilisation accrue de tous les acteurs impliqués.
L’ambition affichée est claire : doter le Cameroun d’un système d’entretien routier moderne, efficace et durable, capable de soutenir la croissance économique et de répondre aux besoins des populations.Cette réforme marque ainsi une étape décisive dans la gouvernance des infrastructures routières, avec l’espoir d’un réseau mieux entretenu et plus résilient face aux défis futurs.


