La situation sécuritaire se dégrade à nouveau dans le nord de l’Éthiopie. Des combats opposant les forces fédérales éthiopiennes à des combattants liés au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) se sont intensifiés ces derniers jours, faisant craindre une nouvelle escalade dans une région encore marquée par les conséquences de la guerre de 2020-2022.
Les affrontements ne se limitent plus au Tigré.
Ils ont également gagné les régions voisines de l’Afar et de l’Amhara, élargissant le périmètre des tensions. L’armée éthiopienne affirme avoir tué plusieurs dizaines de combattants du TPLF, procédé à des arrestations et récupéré des armes au cours des opérations. Ces informations interviennent dans un contexte de fortes inquiétudes sur le terrain et de perturbations des communications Internet signalées dans la région.
À Mekele, capitale du Tigré, la population observe avec inquiétude l’évolution de la situation. Les perturbations dans certains transports et la crainte de nouvelles difficultés d’approvisionnement ont poussé des habitants à constituer des réserves. Cette ruée vers les produits essentiels contribue à faire grimper les prix et ravive le souvenir des pénuries qui avaient marqué le précédent conflit.
L’accord de Pretoria sous pression
Cette nouvelle flambée de violence met directement à l’épreuve l’accord de paix signé à Pretoria, en Afrique du Sud, en novembre 2022. Le texte avait permis de mettre fin à deux années d’affrontements particulièrement meurtriers entre les forces du gouvernement fédéral et le TPLF. Mais plusieurs dispositions de l’accord n’ont jamais été pleinement mises en œuvre, laissant subsister des contentieux politiques et sécuritaires.La situation actuelle fait ainsi ressurgir les traumatismes du conflit précédent. Durant la guerre, le Tigré avait connu de longues coupures de télécommunications, des restrictions d’accès et de graves pénuries de nourriture et de médicaments.
La population redoute désormais le retour de ces conditions, alors qu’environ un million de personnes restent déplacées à la suite du conflit.Au-delà de la dimension militaire, l’escalade actuelle souligne donc la fragilité du processus de paix éthiopien. La reprise des affrontements dans plusieurs régions pourrait compliquer davantage la mise en œuvre des engagements de Pretoria et accroître les difficultés humanitaires.
Face à cette évolution, des habitants du Tigré appellent à privilégier le dialogue et à éviter une nouvelle confrontation généralisée. Certains demandent également une implication accrue de la communauté internationale afin de favoriser la reprise des discussions entre les parties. L’enjeu est désormais de contenir l’escalade avant qu’elle ne transforme les tensions actuelles en un nouveau conflit de grande ampleur.




