À l’occasion de la 31ᵉ édition de la Journée mondiale de la femme rurale, célébrée le 15 octobre 2026, la ministre de la Promotion de la femme et de la Famille, Pr Marie Thérèse Abena Ondoa, appelle à renforcer les investissements en faveur des femmes vivant en milieu rural. Placée sous le thème « Investir dans la femme rurale : un levier pour la croissance économique et le développement durable », cette édition met l’accent sur l’accès au financement, à la terre, aux technologies et aux marchés, afin de transformer les activités rurales féminines en entreprises créatrices de richesses et d’emplois.
Les femmes rurales, actrices essentielles de l’économie nationale
Au Cameroun, les femmes rurales occupent une place importante dans les systèmes agroalimentaires. De la production à la commercialisation, en passant par la transformation, la conservation et la valorisation des produits agricoles, elles contribuent à la sécurité alimentaire, au fonctionnement des économies locales et à la résilience des ménages.Pour la ministre de la Promotion de la femme et de la Famille, cette contribution mérite une reconnaissance accrue, mais également des mesures concrètes pour permettre aux femmes de tirer pleinement profit de leurs activités économiques.« Investir dans la femme rurale, ce n’est pas simplement lui apporter un appui : c’est créer les conditions qui lui permettent de faire grandir son activité et de créer elle-même davantage de valeur », souligne Pr Marie Thérèse Abena Ondoa.
Cette orientation s’inscrit dans le cadre de la Vision 2035 et de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui accordent une place importante à la modernisation de l’agriculture, à l’agro-industrie, à la transformation locale et au développement des chaînes de valeur. Elle rejoint également les objectifs de la Politique nationale genre, notamment en matière de participation des femmes au développement économique et d’accès équitable aux facteurs de production.La célébration de cette année intervient par ailleurs dans un contexte marqué par la proclamation de 2026 comme Année internationale de la femme agricultrice par les Nations unies, une initiative qui vise à mieux faire connaître la contribution des femmes à l’agriculture et aux systèmes alimentaires.
Accès à la terre, au financement et aux marchés : les défis à relever
Malgré leur rôle dans l’économie rurale, les femmes restent confrontées à plusieurs contraintes qui limitent le développement de leurs activités. L’accès sécurisé à la terre, aux équipements adaptés, aux technologies agricoles et aux services financiers demeure un enjeu majeur.Les effets des changements climatiques, la hausse du coût des intrants, l’insuffisance des infrastructures de stockage et de transformation, les pertes post-récoltes et les difficultés d’accès aux marchés accentuent ces obstacles. À cela s’ajoute la fracture numérique, qui limite les possibilités d’accès à l’information et aux opportunités commerciales. Dans certaines localités, les crises sécuritaires aggravent également la vulnérabilité des populations rurales.Face à cette situation, la ministre préconise une approche axée sur l’investissement productif.
Celle-ci passe notamment par le renforcement des capacités techniques, organisationnelles et managériales des femmes, l’adaptation des mécanismes de financement à leurs besoins et l’amélioration de leurs conditions d’accès aux marchés.L’objectif est de permettre aux productrices et aux groupements féminins de sécuriser leurs activités, d’améliorer leur productivité et de développer des partenariats commerciaux durables.La ministre insiste également sur la nécessité de traduire les engagements pris à l’occasion de cette célébration en résultats concrets, notamment à travers la mobilisation des financements, l’identification des bénéficiaires et la mise en œuvre d’actions mesurables.
Un appel à la mobilisation des partenaires et des femmes rurales
Pour faire de l’investissement dans les femmes rurales un véritable moteur de croissance, Pr Marie Thérèse Abena Ondoa appelle à une mobilisation de l’ensemble des parties prenantes : pouvoirs publics, collectivités territoriales décentralisées, partenaires techniques et financiers, institutions de microfinance, secteur privé et organisations de la société civile.Les partenaires au développement sont invités à soutenir davantage les initiatives porteuses et reproductibles.

Les institutions financières doivent, quant à elles, poursuivre l’adaptation de leurs produits aux réalités des activités féminines en milieu rural. Le secteur privé et les acheteurs sont également appelés à multiplier les débouchés et à nouer des relations commerciales durables avec les organisations et entreprises dirigées par des femmes.S’adressant directement aux principales concernées, la ministre les encourage à saisir les opportunités offertes par les programmes d’accompagnement, à se former, à innover, à structurer leurs projets et à rechercher de nouveaux marchés.Elle les invite surtout à ne pas se considérer uniquement comme des bénéficiaires de programmes d’assistance, mais comme des actrices économiques à part entière, capables de développer des entreprises durables et créatrices de valeur.Sous l’impulsion du président de la République, Paul Biya, le gouvernement entend poursuivre ses actions en faveur de l’épanouissement des femmes rurales, en collaboration avec les différents partenaires.
En déclarant officiellement lancées les activités de la 31ᵉ édition de la Journée mondiale de la femme rurale sur l’ensemble du territoire national, la ministre a lancé un appel à transformer les engagements en investissements concrets. L’ambition est de faire de l’autonomisation économique des femmes rurales un levier durable de création de richesses, d’emplois et de développement pour le Cameroun.


