Le grand amphithéâtre de l’École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) a servi de cadre à la célébration de la 32e édition de la Journée Africaine de la Fonction Publique ce 23 juin 2026. Présidée par le ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative, Joseph Lé, cette commémoration a été placée sous le thème : « Capital humain et transformation de l’État : vers une fonction publique performante, inclusive et orientée résultats ».
Le capital humain au cœur de la modernisation de l’État
Dans son allocution, le ministre Joseph Lé a rappelé que la célébration de cette journée devait dépasser le simple cadre symbolique pour devenir un véritable instrument d’évaluation de la performance publique. Inscrite dans la dynamique de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), cette vision met l’accent sur la valorisation du capital humain comme levier essentiel de transformation de l’administration camerounaise.
Le membre du gouvernement a salué l’engagement quotidien des agents publics et les a invités à renforcer leur sens de l’éthique, de l’intégrité et du service rendu aux citoyens. Selon lui, l’amélioration de la qualité du service public passe avant tout par des ressources humaines compétentes, motivées et orientées vers les résultats.
AIGLES, vitrine de la révolution numérique de la Fonction publique
L’un des principaux axes abordés au cours de cette célébration concerne la transformation numérique de l’administration. Le progiciel AIGLES, développé pour moderniser la gestion des ressources humaines de l’État, a été présenté comme l’un des piliers de cette mutation.
Succédant aux systèmes ANTILOPE et SIGIPES, cette plateforme permet la dématérialisation des procédures administratives, l’automatisation de la gestion des carrières, l’intégration progressive de la signature électronique et la vérification de l’authenticité des diplômes. Le ministre a également souligné que cet outil a assuré avec succès la gestion sécurisée de la masse salariale de l’État en 2025, illustrant ainsi sa robustesse et sa fiabilité.Parallèlement, le projet « Smart Campus » et les efforts d’inclusion numérique visent à garantir l’accès aux services publics dématérialisés à tous les citoyens, y compris ceux vivant dans les zones les plus éloignées et au sein de la diaspora.

La consécration du mérite républicain à travers 133 distinctions
Moment fort de la cérémonie, la remise des récompenses administratives a mis à l’honneur les agents publics ayant fait preuve d’un engagement exceptionnel dans l’exercice de leurs fonctions.Conformément aux dispositions du Statut Général de la Fonction Publique de l’État, quatre catégories de distinctions ont été décernées : les Lettres d’Encouragement, les Lettres de Félicitations, les Témoignages Officiels de Satisfaction et les Mentions Honorables.Au total, 133 récompenses ont été attribuées à des agents issus de 23 institutions publiques, dont 21 ministères et deux directions générales.
Parmi elles figurent 97 Témoignages Officiels de Satisfaction et 36 Mentions Honorables. Le ministère des Finances s’est particulièrement distingué avec 61 récompenses accordées à ses personnels pour leurs performances dans diverses opérations d’envergure.
Un appel à l’éthique, à l’excellence et au service des citoyens

Au-delà des distinctions honorifiques, cette 32e édition de la Journée Africaine de la Fonction Publique a servi de tribune pour promouvoir une culture de performance et de responsabilité au sein de l’administration.En remettant personnellement les Mentions Honorables aux récipiendaires, Joseph Lé a souligné que ces distinctions récompensent avant tout le sens du devoir, la probité, l’esprit de sacrifice et l’attachement à l’intérêt général. Selon lui, chaque récompense constitue un signal fort adressé aux plus de 306 000 agents publics de l’État, les invitant à faire de l’excellence leur référence quotidienne.Le ministre a conclu son intervention par un appel vigoureux à la lutte contre les dérives qui fragilisent la cohésion sociale et l’efficacité administrative, réaffirmant que l’usager demeure la raison d’être de l’action publique.
Dans cette perspective, la modernisation de l’administration et la reconnaissance du mérite apparaissent désormais comme deux piliers indissociables de la construction d’un service public plus performant, transparent et proche des citoyens.


