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Journée internationale des familles : la CDHC alerte sur les inégalités et les violences faites aux enfants

À l’occasion de la célébration de la Journée internationale des familles, le 15 mai 2026, la Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) a publié une déclaration axée sur le thème : « Familles, inégalités et bien-être des enfants ».

Dans ce document, l’institution nationale des droits de l’homme appelle à une mobilisation renforcée de l’État, des collectivités territoriales, de la société civile et des familles elles-mêmes afin de lutter contre les inégalités qui fragilisent les cellules familiales et compromettent l’épanouissement des enfants.La Commission rappelle que la famille demeure « la base naturelle de la société humaine », conformément au préambule de la Constitution camerounaise du 18 janvier 1996. Elle souligne également que la protection du bien-être familial s’inscrit dans une approche fondée sur les droits humains et les Objectifs de développement durable (ODD).

Une inquiétude croissante face aux violences intrafamiliales

Dans sa déclaration, la CDHC exprime une vive préoccupation face à la recrudescence des violences intrafamiliales au Cameroun. L’institution dénonce l’augmentation des violences physiques, sexuelles, psychologiques et économiques, particulièrement contre les femmes et les enfants.La Commission s’inquiète notamment de la multiplication des violences sexuelles sur mineurs, des féminicides, des infanticides ainsi que des actes de violence conjugale d’une extrême brutalité. Selon elle, ces atteintes portent gravement atteinte à la dignité et à l’intégrité des victimes et nécessitent des réponses urgentes et coordonnées des pouvoirs publics.La CDHC rappelle par ailleurs les actions de sensibilisation qu’elle mène avec des organisations de la société civile. Elle cite notamment sa participation, en août 2025 à Ébolowa, à un atelier organisé par l’association Wake Up Ladies et l’Association pour la valorisation de la femme (AVAF), consacré au rôle des hommes dans la lutte contre les violences basées sur le genre.

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Migration, conflits et pauvreté : des facteurs de fragilisation des famillesL’institution nationale des droits de l’homme met également en garde contre la fragmentation croissante des structures familiales causée par les déplacements forcés de populations, l’exode rural et les migrations irrégulières.Selon la Commission, ces phénomènes accentuent les inégalités dans la prise en charge parentale et exposent les enfants à une instabilité émotionnelle et à une diminution du soutien affectif.

Elle rappelle qu’en Afrique, des millions d’enfants vivent dans des zones affectées par des conflits armés ou sur des routes migratoires particulièrement dangereuses, où ils sont confrontés à la violence, à la traite et à l’exploitation.La CDHC insiste aussi sur le rôle néfaste de la corruption dans l’accès des familles aux services sociaux de base. Elle estime que ce fléau freine la réalisation des droits liés à la vie familiale en limitant l’accès équitable à l’éducation, à la santé et aux services d’état civil.

La CDHC plaide pour un contrôle citoyen contre la corruption

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Dans ses recommandations, la Commission demande à la Commission nationale anti-corruption (CONAC), en collaboration avec plusieurs ministères sectoriels, de mettre en place un mécanisme de contrôle citoyen de proximité dans les écoles, centres de santé et services d’état civil.

Ce dispositif devrait permettre de collecter et de suivre les plaintes liées à la corruption affectant directement les droits liés au mariage et à la parentalité. La CDHC rappelle également que 13 des 220 recommandations acceptées par le Cameroun lors du quatrième cycle de l’Examen périodique universel (EPU), en mars 2024, concernent directement la protection des familles et le bien-être des enfants.À travers cette déclaration, la Commission appelle à des politiques publiques plus inclusives et centrées sur la famille afin de garantir l’égalité des chances et un environnement favorable au développement de chaque enfant au Cameroun.

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Myriane Djamegne

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