Le Laboratoire national de génie civil (Labogénie) a connu un net ralentissement de ses activités au cours de l’exercice 2025. Selon les états financiers approuvés le 16 juin 2026 à Yaoundé, lors de la 56ᵉ session du conseil d’administration présidée par Simon Shey Jones Yembe, le chiffre d’affaires de l’entreprise publique a reculé de près d’un tiers pour s’établir à 3,19 milliards de FCFA, contre environ 4,6 milliards de FCFA en 2024.
Cette contre-performance a entraîné une baisse de 32,3 % du bénéfice net, qui ressort à 180 millions de FCFA, contre 266 millions un an plus tôt.
Une activité en fort recul
En valeur absolue, le chiffre d’affaires du Labogénie a diminué d’environ 1,4 milliard de FCFA en un an. Cette contraction traduit une baisse du volume des prestations facturées par l’entreprise, spécialisée dans les études, les essais techniques et le contrôle des infrastructures de génie civil.Les documents financiers ne précisent toutefois pas les facteurs ayant conduit à cette baisse d’activité. Il n’est donc pas possible de déterminer si celle-ci résulte d’un recul des marchés obtenus, d’un ralentissement des travaux d’infrastructures, de retards dans l’exécution des contrats ou d’une diminution des prestations réalisées pour les donneurs d’ordre publics et privés.
Une rentabilité préservée malgré la baisse des revenus
Malgré cette forte contraction de son activité, le Labogénie est parvenu à préserver un résultat positif. Le bénéfice avant impôt s’est établi à 266,7 millions de FCFA, tandis que le bénéfice net après impôt atteint 180 millions de FCFA, soit une marge nette d’environ 5,6 % du chiffre d’affaires.Cette performance laisse penser que l’entreprise a réussi à maîtriser une partie de ses coûts afin de limiter l’impact de la baisse des revenus.
En revanche, les informations publiées ne permettent pas d’identifier les postes de dépenses concernés ni d’apprécier l’évolution de ses marges opérationnelles.Au 31 décembre 2025, le total du bilan du Labogénie s’élevait à 21,709 milliards de FCFA. Faute de détails sur la composition des actifs et des passifs, il demeure difficile d’évaluer avec précision la situation de trésorerie, le niveau d’endettement ou la capacité d’investissement de l’entreprise.
Le défi de relancer la croissance
Les états financiers de l’exercice 2025 ont été approuvés par le conseil d’administration, tandis que le commissaire aux comptes a certifié les comptes conformément aux normes professionnelles en vigueur.Si le maintien d’un bénéfice témoigne de la résilience du Labogénie, la baisse significative de son chiffre d’affaires met en évidence la nécessité de relancer son activité. Pour retrouver une trajectoire de croissance, l’entreprise devra renforcer sa présence sur le marché des infrastructures, décrocher de nouveaux contrats et accroître le volume de ses prestations techniques.
À moyen terme, le maintien de sa rentabilité dépendra de sa capacité à conjuguer développement commercial, maîtrise des charges et préservation de ses capacités techniques, dans un contexte où la commande publique demeure un levier essentiel de son activité.



