À l’occasion de la séance de questions orales aux membres du Gouvernement tenue ce vendredi 19 juin 2026 au Palais des Verres Paul Biya à l’Assemblée nationale, la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) a présenté les mesures mises en œuvre pour éradiquer ou, à défaut, réduire le phénomène des féminicides au Cameroun.Cette intervention faisait suite à la question de l’Honorable Toukam Tela Angèle Sandio, qui a souhaité connaître les actions engagées par le Gouvernement face à la recrudescence des violences meurtrières faites aux femmes.
La protection des citoyens au cœur de l’action gouvernementale
Dans son exposé, la Ministre a rappelé que la protection de chaque citoyen demeure une priorité des pouvoirs publics. À cet effet, les victimes et survivantes de violences basées sur le genre bénéficient d’une prise en charge spécifique et coordonnée par le MINPROFF.Cette approche vise non seulement à protéger et accompagner les victimes, mais également à garantir que les auteurs de ces actes soient sanctionnés conformément à la loi.
Un dispositif national de prise en charge coordonnée
La membre du Gouvernement a indiqué que cette prise en charge repose sur un système de référencement et de contre-référencement opérationnel dans les dix plateformes régionales de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG).Ce mécanisme favorise la collaboration entre les différents acteurs impliqués dans la prévention, la protection, l’assistance et la répression des violences, permettant ainsi une réponse plus efficace et adaptée aux besoins des survivantes.
Un accompagnement pour les familles et les enfants orphelins
Au-delà de l’assistance apportée aux victimes directes, le Gouvernement accorde également une attention particulière aux familles touchées par les féminicides.
Les enfants devenus orphelins à la suite de ces drames bénéficient, selon les cas, d’un accompagnement psychosocial ainsi que d’un soutien financier destiné à faciliter leur prise en charge et leur intégration sociale.
Des espaces sûrs pour reconstruire les Victimes
Parmi les structures mises en place par le MINPROFF figurent les espaces de protection des femmes, notamment les espaces sûrs, les centres d’appel (Call Centers) et les espaces de cohésion destinés aux femmes vivant dans les camps de réfugiés.Ces dispositifs ont pour mission d’aider les survivantes à se reconstruire, à retrouver leur dignité et à faciliter leur réinsertion sociale. À ce jour, le Cameroun compte 45 espaces sûrs répartis sur l’ensemble du territoire national.

Les Gender Desks, un dispositif spécialisé au sein des forces de sécurité
La Ministre a également mis en avant la création des Gender Desks au sein des commissariats de sécurité publique et des brigades de gendarmerie.Ces unités spécialisées sont chargées de l’accueil, de l’écoute et de l’orientation des victimes de violences basées sur le genre. Le pays en compte actuellement 28, renforçant ainsi la proximité des services d’assistance et de protection.
Une mobilisation collective contre les féminicides
À travers ces différentes initiatives, le Gouvernement entend renforcer la prévention des violences faites aux femmes, améliorer la prise en charge des victimes et lutter contre l’impunité des auteurs.La séance a ainsi permis de mettre en lumière les efforts consentis par les pouvoirs publics pour faire face à un phénomène qui constitue une menace pour la cohésion sociale et le développement du pays.« Une société qui tue ses femmes et ses enfants est une société sans avenir », a rappelé la Ministre, soulignant la nécessité d’une mobilisation collective pour protéger les femmes, les enfants et les familles camerounaises.


