L’ancien maire de Bamako, Adama Sangaré, comparaît à partir de ce lundi 12 octobre 2026 devant la justice malienne dans une vaste affaire de spéculation foncière autour de l’aéroport international Modibo-Keïta. Plus de 3 000 parcelles auraient été attribuées à des particuliers sur un domaine officiellement réservé aux activités aéroportuaires. Poursuivis notamment pour détournement de deniers publics et faux et usage de faux, les prévenus contestent les accusations portées contre eux.
3 500 parcelles attribuées sur un domaine stratégique
Le domaine aéroportuaire de Bamako, dont la vocation première est d’assurer le fonctionnement et la sécurité de l’aéroport international Modibo-Keïta, se retrouve au cœur d’un important contentieux foncier. Au fil des années, cet espace stratégique a accueilli différentes installations, notamment des unités industrielles, un entrepôt et de nombreuses habitations.Selon les éléments présentés dans cette affaire, environ 3 500 parcelles auraient été attribuées à des personnes privées. Certaines de ces parcelles sont aujourd’hui occupées par d’imposantes constructions, illustrant l’ampleur de l’urbanisation d’un espace censé appartenir aux Aéroports du Mali.
L’accusation assimile ces opérations à des pratiques de spéculation foncière et leur associe des infractions présumées de détournement de deniers publics ainsi que de faux et usage de faux.L’ancien maire de Bamako, Adama Sangaré, un préfet et six autres personnes sont appelés à répondre de ces faits devant les juges. Ce procès, particulièrement attendu au regard des enjeux fonciers et institutionnels qu’il soulève, devrait durer au moins trois jours.
La défense invoque une décision politique et conteste le détournement présumé
Face aux accusations, les avocats des prévenus rejettent les faits reprochés à leurs clients et entendent présenter plusieurs arguments pour contester la thèse de l’accusation.Selon la ligne de défense annoncée, le morcellement du domaine aéroportuaire aurait été ordonné par un ancien président de la République du Mali. Cette décision aurait notamment été motivée par des objectifs liés à la réconciliation nationale, avec l’attribution de parcelles à des responsables de groupes armés du Nord impliqués dans le processus de paix.La défense entend également contester les accusations relatives au détournement présumé de 526 millions de francs CFA correspondant à des frais d’édilité.Le procès devra ainsi permettre d’examiner les conditions dans lesquelles les parcelles ont été attribuées, les responsabilités des différents acteurs impliqués et la destination des sommes mises en cause.
Au-delà du cas d’Adama Sangaré et de ses co-inculpés, cette affaire met en lumière les enjeux de gouvernance foncière, de protection du patrimoine public et de transparence dans la gestion des espaces stratégiques au Mali.Les débats judiciaires devront établir les faits et déterminer les éventuelles responsabilités pénales des personnes poursuivies, qui bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à une décision définitive de justice.


