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Riz camerounais : les acteurs de la filière mobilisés pour relever le défi de la Commercialisation

Face à la forte concurrence du riz importé sur le marché local, les acteurs de la filière rizicole camerounaise se concertent pour trouver des solutions durables. Réunis à la Chambre d’Agriculture, des Pêches, de l’Élevage et des Forêts du Cameroun (CAPEF), producteurs, institutions publiques, partenaires techniques et financiers ainsi que représentants de la société civile ont pris part à un déjeuner-débat stratégique consacré à la commercialisation du riz local.La rencontre, présidée par le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, s’inscrit dans le cadre des activités du Projet d’Appui au Développement des Filières Agricoles Phase II (PADFA II), mis en œuvre en partenariat avec le Fonds International de Développement Agricole.

Booster la consommation du riz local

L’objectif principal de cette rencontre était de mener un plaidoyer en faveur d’une meilleure distribution et commercialisation du riz produit localement, en capitalisant sur les expériences des différents acteurs de la chaîne de valeur. Malgré les efforts consentis ces dernières années pour accroître la production nationale, le marché camerounais demeure largement dominé par le riz importé.Selon les données de l’Institut National de la Statistique, les importations de riz ont atteint un niveau record en 2024, avec une facture estimée à 320 milliards de FCFA. Une situation qui met en évidence les limites structurelles du secteur et la nécessité d’une stratégie concertée pour inverser la tendance.

Des résultats encourageants, mais Insuffisants

Fruit de la coopération entre le gouvernement camerounais et le FIDA, le PADFA II vise à réduire la pauvreté et améliorer la sécurité alimentaire. En cinq ans de mise en œuvre, le projet affiche des résultats significatifs.Ainsi, les producteurs organisés en coopératives ont pu produire cumulativement 52 596 tonnes de riz paddy. En collaboration avec l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement, près de 58 955 kg de semences de base ont été générés, tandis que 2 608,4 tonnes de semences certifiées ont été produites par des coopératives partenaires.Le projet a également permis la construction de six unités de transformation d’une capacité annuelle totale de 10 200 tonnes, la réhabilitation de 40 km de pistes rurales pour désenclaver les bassins de production, ainsi que la construction de 32 magasins de stockage. Ces infrastructures bénéficient à plus de 50 000 personnes et contribuent à améliorer les conditions de mise en marché des produits.

Un défi structurel à Relever

Malgré ces avancées, la filière rizicole reste confrontée à un déficit structurel estimé à 450 000 tonnes par an. Avec une consommation moyenne de 25 kg par habitant et par an, la demande nationale dépasse largement l’offre locale.Sur la période 2000-2022, les importations cumulées de riz ont atteint environ 2 millions de tonnes, pour une valeur estimée à plus de 536 milliards de FCFA. Ce poids des importations souligne l’urgence de renforcer la compétitivité du riz camerounais.

Vers une stratégie Concertée

Les participants ont unanimement reconnu la nécessité de renforcer la coordination entre les différents maillons de la chaîne de valeur, d’améliorer la qualité du riz local, de développer des circuits de distribution efficaces et de sensibiliser les consommateurs à privilégier la production nationale.Considéré comme une denrée stratégique par les pouvoirs publics, le riz figure désormais en bonne place dans les priorités nationales en matière de sécurité alimentaire et de développement agricole.La rencontre s’est achevée sur un appel à l’action collective, invitant tous les acteurs à unir leurs efforts pour promouvoir le « consommer local » et réduire progressivement la dépendance du Cameroun aux importations de riz.

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Myriane Djamegne

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