À l’occasion de la 15ᵉ édition du Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO), placée sous le thème « Partenariat État-Secteur privé : levier d’un Cameroun émergent », le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (ai), le Pr Fuh Calistus Gentry, a animé ce 9 juin 2026 une conférence destinée à présenter les principales réalisations et perspectives de son département ministériel.Devant un public nombreux, le membre du gouvernement a dressé un bilan des actions engagées dans les secteurs minier, industriel et technologique, tout en mettant en lumière les retombées attendues pour l’économie nationale.
Le Cameroun consolide son statut de pays minier

Dans son exposé, le ministre a rappelé que l’année 2025 a marqué un tournant historique pour le secteur minier camerounais avec la mise en production de cinq grands projets d’exploitation. Il s’agit notamment des gisements de fer de Bipindi-Grand Zambi et de Kribi-Lobé, du projet de bauxite de Minim-Martap, du marbre de Bidzar ainsi que de l’or de Colomine.Pour l’année 2026, les efforts du gouvernement se concentrent sur l’accompagnement de nouveaux projets stratégiques, notamment les gisements de fer de Mbalam, Nkout et Ngovayang, ainsi que les exploitations aurifères de Mborguéné et Bibemi.
Le ministre a également présenté les mesures engagées pour assainir l’exploitation artisanale semi-mécanisée de l’or. Celles-ci concernent notamment le renforcement des exigences environnementales, fiscales, légales, techniques et technologiques imposées aux opérateurs.
À ce jour, plus de 100 sociétés font l’objet de poursuites judiciaires tandis que 22 autres sont en cours de formalisation.Selon les projections du ministère, cette restructuration pourrait générer plusieurs milliards de francs CFA de recettes supplémentaires pour l’État tout en renforçant la collecte d’or par la Société Nationale des Mines (SONAMINES).
Une stratégie industrielle axée sur la transformation locale

Le MINMIDT poursuit également sa politique d’industrialisation fondée sur la transformation locale des matières premières. Plusieurs chaînes de valeur ont ainsi été développées afin de réduire les importations et de renforcer la compétitivité de l’économie nationale.
Parmi les initiatives majeures figurent la transformation de l’argile et du feldspath en carreaux, le développement de la chaîne bauxite-alumine-aluminium, la valorisation du calcaire pour la production de clinker et de ciment, ainsi que la transformation du minerai de fer en billettes destinées à l’industrie métallurgique.Le ministre a également évoqué les avancées enregistrées dans les filières bois, textile et agroalimentaire. La restructuration de la CICAM et le projet de parc industriel de transformation du coton à Garoua devraient permettre la création de plus de 10 000 emplois dès 2028.
Dans le secteur agroalimentaire, les efforts se poursuivent pour accroître la transformation locale du cacao, du sucre, des farines et des pâtes alimentaires, tandis que le Technopôle agro-industriel de Ouassa-Babouté continue sa phase de maturation.
L’innovation technologique au service de l’émergence

Sur le volet technologique, le MINMIDT mise sur le renforcement de l’écosystème national de l’innovation. Le ministère accompagne les universités et écoles spécialisées à travers l’équipement de laboratoires et la création de Centres d’Appui à la Technologie et à l’Innovation.Le retour des Journées Technologiques Nationales (JTN) constitue également un axe majeur de cette stratégie. Ces rencontres visent à offrir aux jeunes innovateurs camerounais un meilleur accès aux mécanismes de financement mis en place par l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) et ses partenaires.

Le ministre a par ailleurs souligné la position de leader du Cameroun en Afrique en matière d’Indications Géographiques et d’Appellations d’Origine, grâce notamment à des produits emblématiques tels que le poivre de Penja et le miel d’Oku. Ces labels contribuent à accroître la valeur ajoutée des produits nationaux sur les marchés internationaux et à améliorer la balance commerciale du pays.
La conférence s’est achevée dans une ambiance empreinte de satisfaction, les participants saluant les efforts engagés par le gouvernement pour faire du partenariat entre l’État et le secteur privé un moteur de croissance et d’émergence économique.


