Sept ans après l’incendie qui a interrompu ses activités de raffinage, la Société nationale de raffinage (SONARA) affiche les premiers résultats de son plan de restructuration et de relance. Présenté à l’occasion de la Consultation internationale du marché (Market Sounding) organisée les 29 et 30 juin 2026 à Yaoundé, ce bilan d’étape met en lumière les avancées enregistrées depuis la prise de fonctions du Directeur général, Harouna Bako, tout en réaffirmant l’ambition de reconstruire un outil industriel moderne au service de la souveraineté énergétique du Cameroun.Un héritage marqué par les séquelles du sinistre de 2019À son arrivée à la tête de la SONARA, Harouna Bako a hérité d’une entreprise confrontée à d’importantes difficultés structurelles. Depuis l’incendie de 2019, les activités de raffinage étaient totalement à l’arrêt, obligeant la société à se repositionner provisoirement dans le négoce de produits pétroliers afin d’assurer une partie de l’approvisionnement du marché national.
Cette situation s’accompagnait d’un endettement supérieur à 700 milliards de FCFA au 31 décembre 2021, de contentieux avec les assureurs concernant les indemnisations du sinistre et d’une dégradation des fonds propres ayant conduit les commissaires aux comptes à déclencher une procédure d’alerte sur la continuité de l’exploitation.Face à ces défis, l’État du Cameroun a engagé un vaste programme de restructuration financière, notamment à travers la mise en place d’un mécanisme de soutien à la raffinerie intégré dans la structure des prix des produits pétroliers.
Une reprise commerciale et financière en progression
Depuis 2024, la SONARA enregistre une nette amélioration de ses performances commerciales. L’entreprise a repris ses activités d’importation et de distribution de produits pétroliers, avec des volumes importants de carburants et de kérosène destinés au marché national.La part de marché de la société est ainsi passée de 0,82 % en 2023 à 11 % en 2024, avant d’atteindre 35 % en 2025.
Les projections pour 2026 tablent sur une couverture de 50 % des besoins nationaux.Cette montée en puissance a été rendue possible grâce à la mobilisation de nouveaux financements, notamment une ligne de crédit de 54 milliards de FCFA accordée par l’International Islamic Trade Finance Corporation (ITFC), complétée par des concours financiers obtenus auprès de banques locales.
Reconstruction de la raffinerie : des avancées techniques et institutionnelles
Sur le plan industriel, le chantier de reconstruction connaît une accélération notable. Les études d’avant-projet sommaire confiées au cabinet français AXENS constituent désormais la base technique de la future raffinerie, dont la réalisation est envisagée dans le cadre d’un partenariat public-privé de type Design-Build-Finance-Maintain (DBFM).Par ailleurs, l’audit technique réalisé par le cabinet EKIUM a conclu que 75 % des installations endommagées peuvent être récupérées, confortant ainsi la faisabilité technique du projet.
En parallèle, plusieurs initiatives institutionnelles sont venues renforcer le processus de relance, avec la création d’une commission multisectorielle chargée du partenariat public-privé, la mise en place d’une plateforme stratégique interministérielle et la signature d’une convention-cadre entre le MINEE, le MINEPAT, le MINFI et la SONARA. La tenue du Market Sounding marque une nouvelle étape dans la recherche de partenaires techniques et financiers.
Des fonds propres restaurés pour préparer L’avenir
L’un des principaux acquis du processus de restructuration réside dans la reconstitution des fonds propres de l’entreprise grâce à une opération de restructuration du capital réalisée en juin 2026.À l’issue de cette opération, la SONARA affiche désormais un capital social de 184 milliards de FCFA et des fonds propres de 108 milliards de FCFA, améliorant sensiblement sa situation financière et réduisant le risque réglementaire qui pesait sur la continuité de son exploitation.
Pour la Direction générale, ces résultats traduisent une dynamique de redressement progressive, portée par l’engagement des équipes, l’accompagnement de l’État et la confiance des partenaires institutionnels.
L’objectif demeure inchangé : faire de la SONARA un acteur majeur de la souveraineté énergétique du Cameroun et une référence industrielle en Afrique centrale. La consultation internationale engagée à Yaoundé devrait permettre de franchir une nouvelle étape vers la concrétisation de cette ambition.


