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Université de Yaoundé I : la pensée du Pr Émile Kenmogne au cœur d’un grand rendez-vous philosophique international

L’amphithéâtre 300 de l’Université de Yaoundé I a servi de cadre, ce mercredi 17 juin 2026, à l’ouverture officielle des Journées internationales d’études consacrées à l’œuvre du philosophe camerounais Émile Kenmogne.

Placée sous le thème « Regards croisés sur l’invention épistémologique et méthodologique chez Émile Kenmogne », cette rencontre scientifique de quarante-huit heures réunit chercheurs, enseignants et étudiants venus d’Afrique, d’Europe et d’ailleurs pour examiner l’apport intellectuel de l’un des penseurs les plus discutés de la philosophie africaine contemporaine.

Une œuvre philosophique qui suscite débats et fascination

Depuis plus de deux décennies, les travaux d’Émile Kenmogne alimentent les débats sur les fondements de la connaissance, les limites de la rationalité, la mystique, la santé, les savoirs endogènes, la bioéthique et les rationalités plurielles. Héritier intellectuel du Père Pierre Meinrad Hebga, nourri par la pensée de Henri Bergson à travers l’enseignement du professeur Ebénézer Njoh Mouelle, il a développé une approche originale articulant métaphysique, épistémologie, éthique médicale et philosophie de la santé.Ses recherches sur les « maladies paranormales », la spiritologie et l’élargissement des cadres classiques de la rationalité continuent de susciter autant d’adhésions que de controverses dans les milieux académiques.

Une rencontre scientifique d’envergure internationale

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Dans son allocution d’ouverture, le chef du département de philosophie, le professeur Nathanaël Noël Owono Zambo, a souligné le caractère exceptionnel de l’événement.

Selon lui, ces journées dépassent largement le cadre habituel des rencontres scientifiques universitaires pour s’inscrire dans la continuité des grands colloques internationaux consacrés à la philosophie africaine. Il a salué « la pensée curieuse, audacieuse et clairement porteuse » d’Émile Kenmogne, tout en rappelant que ces assises ne constituent ni un hommage apologétique ni un exercice de célébration, mais un espace critique destiné à examiner les fondements, les méthodes et les implications de son œuvre.Le responsable académique a notamment insisté sur la nécessité de penser une « épistémologie différenciée ou différentielle » capable de répondre aux défis intellectuels contemporains et aux réalités socio-anthropologiques africaines.

Njoh Mouelle plaide pour une pluralité des rationalités

Dans sa leçon inaugurale, le professeur Ebénézer Njoh Mouelle a replacé les travaux d’Émile Kenmogne dans les débats contemporains sur les conditions de production du savoir.

Pour le philosophe camerounais, les transformations du monde actuel imposent une réflexion approfondie sur les limites des paradigmes classiques de la connaissance. Il a souligné que l’œuvre de Kenmogne invite à repenser les rapports entre science, rationalité, croyance, mystique et expérience vécue.« Comment philosopher aujourd’hui dans un monde encore traversé par un rationalisme exclusif ? Jusqu’où peut s’étendre le pouvoir humain de connaître et d’agir lorsque les cadres classiques de la méthode sont remis en question ? », s’est-il interrogé devant un auditoire attentif.Selon lui, la pensée de Kenmogne ouvre la voie à une épistémologie plurielle, capable d’articuler diverses formes d’intelligibilité du réel.

Un dialogue mondial autour des savoirs

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Les organisateurs annoncent la participation de chercheurs intervenant depuis le Cameroun, le Gabon, le Congo, le Sénégal, la France, l’Italie, l’Allemagne, la Suisse, le Canada et la Chine.

Au-delà de l’analyse de l’œuvre du philosophe camerounais, les échanges porteront sur des problématiques majeures : la décolonisation des savoirs, les rationalités multiples, les savoirs locaux, la philosophie de la santé, la bioéthique africaine, la gouvernance, l’identité culturelle, le rapport entre science et croyance, ainsi que les fondements d’une nouvelle métaphysique.

Des objectifs scientifiques ambitieux

Les organisateurs poursuivent plusieurs objectifs majeurs :Examiner de manière critique l’œuvre philosophique d’Émile Kenmogne ;Mettre en lumière sa contribution à la philosophie africaine contemporaine ;Favoriser le dialogue interdisciplinaire entre philosophie, sociologie, histoire et anthropologie ;Encourager l’intégration de sa pensée dans les programmes d’enseignement ;Constituer un réseau international de chercheurs travaillant sur son œuvre.À terme, les actes de ces journées d’études feront l’objet d’une publication scientifique destinée à servir de référence aux futures recherches sur la pensée kenmognienne.

Une philosophie en débat

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Au fil des communications, les participants tenteront notamment d’évaluer la portée des notions de rationalité ouverte, de spiritologie, de paranormalité, de métaphysique positive ou encore d’africanités thérapeutiques.

Pour les organisateurs, l’enjeu est de déterminer dans quelle mesure les propositions théoriques d’Émile Kenmogne peuvent contribuer au renouvellement des paradigmes philosophiques contemporains et à l’émergence d’approches africaines de la connaissance.Cette rencontre marque ainsi une étape importante dans la reconnaissance académique d’une œuvre qui, tout en demeurant controversée, s’impose progressivement comme l’une des références majeures de la philosophie camerounaise contemporaine.

LES ATELIERS THÉMATIQUES

Atelier I : Fondements théoriques et approches comparées: Dominique Folscheid : « Émile Kenmogne et moi, tels qu’en nous-mêmes… »Daniel Diafwila Dia Bwangi : « La spiritologie : une nouvelle approche de la santé ? »Jeanne Diouma Diouf : « La vie, principe d’individuation et d’éthique chez Émile Kenmogne »Éric Fiat : « L’éthique médicale comparée, nouvelle discipline née d’une ancienne amitié »

Atelier II : Fondements théoriques et approches comparées Nkolo Foé : « Les savoirs locaux et le tournant ethnologique dans la philosophie africaine contemporaine »Ulrich Metende : « Naturalisation de l’âme et ontologie relationnelle du vivant »Yannick Essengue : « Du croire comme puissance humaine : Kenmogne-Eboussi-Hebga »Carlos Kenfack Fogang : « Émile Kenmogne et Pierre Meinrad Hebga : deux paraclets du paranormal en Afrique »

Atelier III : Connaissance et action:

Simon Mougnol : « La répudiation de l’irrationnel »Marthe Lélé-Mavie : « Entre intuition et raison »Jean Agrippa Nguema Nguema : « Savoirs endogènes et développement en Afrique »Denis-Ghislain Mbessa : « Rationalisation de la sorcellerie chez Hebga et Kenmogne »Nelson Shang : « The Hermeneutics of Unveiling in the Epistemology of Emile Kenmogne »Charles Romain Mbélé : « Tâche de la philosophie à l’épreuve de la modernité »

Atelier IV : Rationalités et idées politiquesLéopold Ebode : « Le rationnel et l’irrationnel chez Émile Kenmogne »Véronique Noah : « La question des rationalités multiples »Pierrette Bounou : « Décolonisation épistémologique et développement endogène »Lydie Christiane Azab A Boto : « Éducation à la citoyenneté de l’avenir »Silgebert Gueleweu Moffo : « Identité culturelle et mondialisation »Ramsès Nzenti Kopa : « Étiologie du tribalisme selon Émile Kenmogne »

Atelier V : Épistémologie et méthodologie: Roger Mondoué; Marlène Sokeng Fomena ; FembaAbel; Moussi Anselme Armand; Amougou AfoubouThérèse Belinga BelingaAnatole Fogou

Atelier VI : Épistémologie et pluralité: Eugène Emboussi Nyano; Philippe Nguemeta; Joly Colin Bessala; Jérôme Mbih Tosam; Alida Raissa Biyada Biyada; Issoufou Mouchili Soule

Atelier VII : Philosophie de la santé, bioéthique et soins: exposants : Williams Bouab Etoundi; Jean-Paul II Djoum;Antoinette Nga Mvondo Atangana;Éric M. Ngango Youmbi;William Bayiha

Atelier VIII :Métaphysique, guérison et rationalité: exposants :Achille Djoungnie; Mbou Paul Adé Nde; Jacques Tchewe;Mohamed Moustapha; Ngouwou Christian Wirnkar;Steeve Elvis Ella

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Myriane Djamegne

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