Une profonde émotion a marqué, jeudi matin, la morgue de l’Hôpital Central de Yaoundé à l’occasion de la levée de corps d’Armelle Claude Nanga Ngono, jeune femme tragiquement décédée au quartier Elig-Essono. Entre douleur familiale et indignation collective, la cérémonie s’est transformée en un puissant appel à la lutte contre les féminicides.
Une cérémonie empreinte de douleur
Dans une atmosphère lourde et silencieuse, parents, proches et anonymes se sont rassemblés pour rendre un dernier hommage à la défunte. Les pleurs et les regards figés traduisaient l’ampleur du choc causé par cette disparition brutale.Le corps d’Armelle Claude Nanga Ngono, retrouvé sans vie à proximité de l’immeuble Jaco, reposait dans un cercueil, symbole d’un destin tragiquement interrompu.
Pour la famille, l’heure était au recueillement, mais aussi à une douleur indescriptible face à une perte jugée injuste et insoutenable.Les « Mamans indignées » en première ligneAu cœur de cette tristesse, la mobilisation du collectif des « Mamans indignées » a donné une dimension particulière à la cérémonie. Vêtues de noir, ces femmes ont exprimé leur solidarité avec la famille endeuillée et leur refus catégorique de voir de tels drames se répéter.
Munies de pancartes, elles ont transformé ce moment de deuil en une tribune de dénonciation contre les violences faites aux femmes. Leur message était clair : le cas d’Armelle ne doit pas rester sans suite, mais devenir un symbole de prise de conscience nationale.
La déclaration poignante de Virginie Ngah
Parmi les personnalités présentes, Simone Virginie Ngah, deuxième adjoint au maire de Yaoundé 6, a porté la voix de cette indignation collective.
Dans une déclaration poignante, elle a rappelé la gravité des faits, évoquant une jeune femme « violée, assassinée et mutilée ».Elle a également souligné l’urgence d’une mobilisation accrue pour protéger les femmes et les jeunes filles, appelant à des actions concrètes pour mettre fin à ces violences.« Nous devons dire stop à la barbarie et à l’impunité », a-t-elle insisté, sous les regards attentifs d’une assistance profondément marquée.Un cri de ralliement contre les féminicidesAu-delà de l’hommage rendu à la défunte, cette levée de corps a pris l’allure d’un véritable cri de ralliement.
Associations, citoyens et autorités ont, à travers leur présence, exprimé une volonté commune : celle de lutter contre la recrudescence des féminicides et des violences basées sur le genre.Pour de nombreux participants, la mémoire d’Armelle Claude Nanga Ngono doit servir de déclencheur à un engagement collectif plus fort.
Une blessure encore Ouverte
Alors que le cortège funèbre s’est ébranlé vers la dernière demeure de la jeune femme, l’émotion restait vive. Derrière ce drame, c’est toute une société qui se retrouve interpellée sur la nécessité de protéger ses membres les plus vulnérables.
La disparition d’Armelle Claude Nanga Ngono laisse une famille brisée, mais aussi une nation face à ses responsabilités. Son histoire, désormais gravée dans les esprits, résonne comme un appel urgent à la justice, à la sécurité et à l’humanité.


